La Guerre Ecologique Décisive

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La Guerre Écologique Décisive (GED) est la stratégie d'un mouvement qui a trop longtemps été sur la défensive. C'est le cri de guerre de personnes qui refusent de perdre une bataille de plus, le dernier ressort d'un mouvement isolé, coopté, et las de ne jamais voir la fin des batailles légales et blocus.

L'information dans la stratégie GED est un dérivé de stratégies militaires, et tactiques manuelles, d'analyse des mouvements de résistances historiques, d'insurrection, et de libération nationale. Les principes planifiés dans ces pages sont acceptés à travers le monde comme les principes solides d'une guerre asymétrique, ou un des camps est plus puissant que l'autre. Si aucun combat n'a jamais été asymétrique, celui-ci l'est.

Les stratégies et tactiques expliquées dans la GED sont enseignées à des officiers militaires dans des lieux tel que la Military Academy à West Point pour une simple raison : elles sont extrêmement efficaces.

Quand il était en procès en Afrique du Sud en 1964 pour ses crimes contre le régime de l'apartheid, Nelson Mandela a dit "Je ne nie pas avoir planifié des actes de sabotage. Mais je ne les ai pas planifiés dans un esprit de témérité, ni par amour de la violence. Je les ai planifiés après avoir constaté calmement et sobrement la situation politique qui se présentait après beaucoup d'années de tyrannie, d'exploitation et d'oppression de mon peuple par les blancs."

Nous vous invitons à lire cette stratégie, et à entreprendre cette même constatation calme et sobre de la situation qui nous fait face. Le temps nous est compté.

Scenarii d'effondrement

Les 4 étapes de la GED

Exécution de la GED

Scenarii d'effondrement

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Il vient un temps lorsque le fonctionnement de cette machinerie devient si odieux et vous donne tellement mal au cœur, qu'il devient impossible que vous y preniez passivement part, et que vous devez vous dévouer corps et âmes à bloquer ses rouages, coûte que coûte, pour l'arrêter. - Mario Savio, Berkeley Speech Movement

Pour obtenir ce qui vaut le coup d'avoir, il peut être nécessaire de perdre tout le reste - Bernadette Devlin, Irish activist and politician

A ce moment de l'histoire, il n'y a aucune bonne porte de sortie à court terme pour la société humaine mondiale. Certaines sont meilleures et d'autres pires, et à long terme certaines sont vraiment bonnes mais pour le court terme, nous sommes dans une impasse. Je ne vais pas vous mentir, il est trop tard pour designer des coupables. La seule manière de trouver les bonnes est de se confronter à notre situation désastreuse, et ne pas se laisser distraire par de faux espoirs.

La société humaine - à cause de la civilisation particulièrement - se retrouve dans une impasse. Comme espèce, nous nous sommes rendus dépendants de nos ressources limitées, pétrole, sol et eau. L'agriculture industrielle (et l'agriculture de graines annuelles avant ça) nous a poussé dans un cercle vicieux générant une croissance démographique incontrôlable. Nous avons depuis longtemps dépassé la capacité d'accueil d'humains de notre planète, et l'extension de nos civilisations réduisent cette capacité chaque nouvelle seconde. Ceci est majoritairement la faute de ceux qui sont au pouvoir, les plus riches, les états et les multinationales. Mais les conséquences - et la responsabilité à porter - reviennent au reste d'entre nous, non-humains inclus.

Techniquement parlant, il n'est pas trop tard pour un programme crash pour limiter les naissances et réduire la population, pour réduire la consommation de combustibles fossiles à zéro, pour remplacer la monoculture avec des polycultures pérennes, pour stopper la pêche intensive, et pour arrêter définitivement l'avancée des industries (ou de la destruction qu'elles opèrent) sur les aires sauvages. Il n'y a aucune raison technique valable qui nous empêcherait de commencer tout ce processus demain, de stopper le réchauffement climatique où il est, de contrebalancer les excès engendrés, l'érosion, le déclin des aquifères, et de redonner de l'espace à toutes les espèces aujourd'hui presque disparues. Il n'y a aucune raison technique qui nous empêche de nous réunir afin d'agir en adulte pour résoudre ces problèmes, en d'autres mots, ce n'est à l'encontre d'aucune loi physique.

Mais socialement et politiquement parlant, nous savons que cela ne reste qu'un rêve. Il existe des systèmes de pouvoir matériels qui rendent cela impossible, tant qu'ils sont intacts. Ceux qui détiennent le pouvoir tirent bien trop d'argent et de privilèges à détruire la planète. Nous n'allons pas sauver la planète - ou notre propre futur comme espèce - sans se battre.

Qu'est ce qui est réaliste? Quelles options sont vraiment à notre portée et quelles en sont les conséquences? Ce qui suit sont trois scénarii complets et illustratifs: le premier au cours duquel il n'y a aucune résistance substantielle ou décisive, le second durant lequel une résistance limitée accompagne un effondrement prolongé, et le dernier où une résistance accrue provoque un effondrement immédiat de la civilisation et de l'infrastructure industrielle globale.

Aucune résistance

S'il n'y a aucune résistance substantielle, il est probable qu'il y ait quelques années supplémentaires de routine habituelle, cependant accompagnées de crises économiques sans précédent . Selon les meilleures données disponibles, les impacts du pic pétrolier commencent à se faire ressentir entre 2011 et 2015, résultant en une chute rapide de la disponibilité énergétique au niveau mondial..[1] Il est possible que cela arrive légèrement plus tard si tout les efforts sont concentrés à extraire les seules ressources encore disponibles, mais cela ne fera que prolonger l'inévitable, empirer le réchauffement climatique, et rendre la descente aux enfers plus brutale. Une fois que le pic pétrolier se fera vraiment ressentir, la montée du prix de pétrole accompagnée par la descente de la disponibilité de l'énergie facile minera la fabrication et le transport, particulièrement à l'échelle planétaire.

La raréfaction de l'énergie fossile causera une agitation politique sans précédent, et un cycle perpétuel de contractions économiques va se mettre en place. Les entreprises ne seront plus capables de payer leur travailleurs, les travailleurs ne seront plus capables d'acheter ce dont ils ont besoin, et de nombreuses d'entre elles fermeront leur portes. Rendus incapables de payer leur dettes et prêts, propriétaires, entreprises et également états feront faillite (ce processus a déjà peut-être commencé). Le commerce international va plonger au plus bas à cause d'une dépression globale et de l'augmentation du prix des transports et de fabrication. Bien qu'il soit possible que le prix du pétrole augmente avec le temps, il viendra un moment quand l'économie, sous pression, ne pourra plus assurer une demande stable en pétrole, faisant chuter le prix de celui-ci. Le bas coût du pétrole pourrait, ironiquement mais bénéfiquement limiter les investissements dans de nouvelles infrastructures pétrolières.

A première vue, l'effondrement ressemblera à une récession ou dépression traditionnelle, avec les pauvres étant impactés fortement par l'augmentation des coûts des denrées basiques, particulièrement l'électricité et le chauffage dans les endroits à climat froid. Après quelques années, les limites financières deviendront physiques, la production de masse hautement énergivore deviendra non seulement plus rentable mais également impossible.

Un résultat direct sera l'effondrement de l'industrie agricole. Dépendante d'importants volumes d'énergie pour alimenter les tracteurs, de pesticides et de fertiliseurs synthétiques, de l'irrigation artificielle, du chauffage pour les serres, du packaging et du transport, l'industrie agricole mondiale va se retrouver face à de nombreuses difficultés pour assurer sa production (avant tout à cause de la compétition intensive pour l'énergie face aux autres secteurs). Cela sera empiré par la baisse du niveau nappes phréatiques et des aquifères, une longue histoire d'érosion du sol, et les premières étapes du changement climatique. Au début, cela causera une crise économique principalement ressentie par les pauvres. Avec le temps, la situation va s'empirer et l'industrie alimentaire va faillir à assurer une production suffisante pour subvenir aux besoins de la population.

Il y aura trois réponses principales à cet manque globalisé de nourriture. Dans certains endroits, les gens retourneront cultiver leur propre nourriture et construiront des initiatives locales pour leur assurer un approvisionnement durable. Cela sera un signe positif, mais l'implication du public sera tardive et inadaptée, comme la plupart des gens ne réaliseront pas le caractère permanent de cette crise et n'auront tout simplement pas envie de cultiver leur propre nourriture. Cela va également être difficile considérant l'urbanisation intensive de ce dernier siècle, la destruction progressive des terres arables et les conséquences du changement climatique. De plus, les cultures les plus subsistantes auront été d'ici là détruites ou déracinées - les inégalités vont empêcher les gens de faire pousser leur propre nourriture faute de terres appropriées (c'est déjà le cas dans de nombreuses parties de cette planète). Sans résistance organisée, les réformes appropriées ne verront jamais le jour et les personnes déplacées n'auront aucun accès à la terre. La faim (et la famine au cours de certaines années à mauvaise récolte) proliférera de manière endémique dans plusieurs parties du monde. Le manque d'énergie pour l'agriculture industrielle causera une résurgence des institutions d'esclavagisme.

L'esclavage ne s'installe pas dans un désert politique. Menacés par l'effondrement de l'économie et du secteur de l'énergie, certains gouvernements s'écrouleront complétement sur eux-mêmes, entraînant dans leur chute leur état. Avec personne pour les arrêter, des chefs de guerre vont s'approprier les décombres. D'autres, désespérés à maintenir le pouvoir hors de portée des séparatistes et à calmer l'agitation civile, verront des gouvernements autoritaires prendre le pouvoir. Dans un monde où les ressources critiques se raréfient, les gouvernements deviendront d'autant plus radins et avares. Nous verrons une résurgence d'autoritarisme dans ses formes modernes: technofascisme et féodalisme de multinationales. Les riches se réfugieront dans des enclaves privées et bien gardées. Leur pays/propriétés n'auront pas un air apocalyptique - elles seront comme des éco-jardins d'Eden, avec des cultures organiques bien tenues, des lacs privés et propres, et des refuges sauvages. Dans certains cas, ces enclaves seront de taille réduite, dans d'autres, elles seront à l'échelle du pays.

En même temps, les pauvres verront leur condition se dégrader. Des millions de réfugiés crées par l'effondrement économique et énergétique mondial devront se déplacer, mais personne ne voudra d'eux. Dans certains zones fragiles, l'afflux de réfugiés saturera les services sociaux de base et causera un effondrement local de ceux-ci, ceci résultant en vagues de réfugiés radiants d'épicentres de désastres. Dans certains endroits, les réfugiés seront renvoyés par la force. Dans d'autres, racisme et discrimination deviendront une excuse pour les régimes autoritaires pour placer ces dissidents marginalisés dans des "camps spéciaux", permettant aux privilégiés de disposer de plus de ressources.[2] Les désespérés seront les premiers candidats pour la main d'œuvre dangereuse et sale nécessaire à la production industrielle persistante une fois que l'énergie facile deviendra rare. Ceux au pouvoir considéreront les communautés autonomes et indépendantes comme une menace pour la disponibilité de la main d'œuvre dont ils ont besoin et feront tout ce qu'ils peuvent pour les détruire.

Malgré tout cela, le progrès technologique ne s'arrêtera pas. Pendant un temps, il continuera comme si de rien n'était, bien que l'humanité se séparera en groupes de plus en plus divergents. Ceux du bas de l'échelle n'arriveront plus à satisfaire leur besoins de survie, pendant que ceux du haut de l'échelle essayeront de vivre leur vie de privilégiés comme ils l'ont fait dans le passé. Même certaines avancées technologiques importantes voient le jour, la plupart verront le jour dans le but de consolider la supériorité de ceux au pouvoir au sein d'un monde de plus en plus peuplé et hostile.

Les techno-fascistes développeront et perfectionneront des technologies de contrôle social (aujourd'hui déjà dans leur stade de développement primaire): drones autonomes pour la surveillance et l'assassinat; appareil de contrôle de la population; Scans IRM pour détecter de manière infaillible les mensonges, lecture et torture de l'esprit. Il n'y aura aucune résistance substantielle organisée dans ce scénario, mais au fil du temps les techno-fascistes se rendront de plus en plus capables de détruire la résistance, même dans son expression la plus simple. Le temps passant, les fenêtres d'opportunité pour de quelconques actions résistantes se refermeront rapidement. Les techno-fascistes de la première moitié du 21ème siècle auront de nouvelles technologies de contrainte et de surveillance qui feront passer la Stasi et les SS pour des amateurs. Leur habilité à corrompre l'humanité fera apparaître leurs prédécesseurs comme des saints.

Les gouvernements ne suivront bien sûr pas tous cette voie. Mais les gouvernements autoritaires - ceux qui continueront impitoyablement à exploiter les gens et les ressources sans prendre en considération les conséquences - auront plus d'influence et de muscles que les autres pour subtiliser les ressources de leur voisins, états en faillite, Il n'y aura personne pour les arrêter. Le même sort vous sera réservé si vous êtes le village le plus écologique de la planète ou si vous vivez juste à coté d'un état fasciste ayant une soif éternelle de ressources.

Entre temps, avec des pouvoirs industriels étant de plus en plus désespérés pour de l'énergie, les quelques lois environnementales restantes seront mises de coté. Le pire du pire, les pratiques comme l'extraction off-shore, dans les refuges sauvages, les mines à ciel ouvert, deviendront monnaie courante et extrairont de la planète les dernières miettes des réserves énergétiques préhistoriques. Ces pratiques prolongeront l'endurance de la civilisation industrielle pour quelques mois ou années, mais les dommages écologiques seront permanents (comme ce qu'il se passe en Arctique aujourd'hui). Parce que dans notre scénario, il n'y aura aucune résistance substantielle, tout cela se déroulera sans obstacles.

Le secteur de l'énergie verra de nombreux investissements dans les renouvelables, bien que ceux-ci seront toujours ralentis par des défis économiques, des gouvernements en faillite et des coupes budgétaires.[3] De plus, les lignes haute-tension ne seront d'ici là plus suffisantes et en mauvais état. Les remplacer et ou les rénover sera difficile et cher. Même une fois en place, l'électricité renouvelable ne représentera qu'une portion minuscule comparée à l'énergie produite grâce aux combustibles fossiles. Cette énergie électrique ne sera ni adaptée ni suffisante pour faire fonctionner la majorité des tracteurs, camions et autres véhicules ou infrastructures similaires.

Par conséquent, l'énergie renouvelable n'aura qu'un impact modéré. En effet, l'énergie investie dans ces nouvelles infrastructures prendra plusieurs années pour être repayée par l'énergie générée. Le renouvellement massif des infrastructures approfondira le fossé énergétique en diminuant le montant d'énergie disponible pour les activités journalières. Des crises successives engendreront un lutte constante à propos de l'allocation de montants d'énergie limités. L'énergie sera rationnée pour éviter les émeutes, mais la grande part (peu importe la source) ira aux gouvernements, aux militaires, aux multinationales et aux riches.

Ces contraintes énergétiques rendront impossible une tentative de remaniement global de l'infrastructure selon, par exemple, les principes de l'économie hydrogène (qui ne résoudrait pas non plus le problème de toute manière). Les bio-carburants gagneront du terrain dans plusieurs endroits, malgré le fait qu'ils ont un taux de retour énergétique bas (EROEI). Ce taux sera meilleur dans les pays tropicaux, ce qui entraînera la destruction des dernières forêts tropicales pour produire du bio-carburant. (Souvent, des forêts entières seront abattues juste pour être brûlées comme combustible). La machinerie lourde deviendra trop chère pour la plupart des plantations, par conséquent, la main d'œuvre viendra dès alors de l'esclavage imposé par le féodalisme des gouvernements autoritaires et multinationales associées. (L'esclavage est actuellement utilisé au Brésil pour abattre les forêts et pour produire du charbon de bois manuellement pour l'industrie de l'acier)[4] Les effets globaux de la production de bio-carburant entraîneront l'augmentation du coût des denrées, la raréfaction de l'eau pour l'agriculture et une érosion accrue des sols. Quoi qu'il en soit, sa production ne représentera qu'une petite part des hydrocarbonés liquides disponibles à l'apogée de la civilisation.

Tout cela aura des conséquences écologiques immédiates. Les océans, vidés par la pêche intensive (pour compenser la pénurie de nourriture), seront pour la plupart morts. L'expansion des bio-carburants détruira de nombreuses aires sauvages épargnées jusqu'à ce jour et la biodiversité mondiale chutera. Les forêts tropicales comme l'Amazone produisent le climat humide dont elles ont besoin pour survivre, mais la déforestation et l'agriculture à grande échelle réduiront ce processus et renverseront l'équilibre vers un cycle permanent de sécheresse. Même dans les endroits où les forêts ne sont directement abattues, le climat sec sera suffisant pour les faire dépérir. L'Amazone deviendra une région désertique et les autres forêts tropicales suivront.

Les projections varient mais il est presque certain que si la majorité des combustibles fossiles sont extraits et brûlés, le réchauffement climatique deviendra un cercle vicieux et catastrophique. Cependant, les pires effets ne se feront pas ressentir avant plusieurs décennies, une fois que la majorité des combustibles fossiles seront réellement dans l'atmosphère. Dès lors, il n'y aura plus que très peu d'énergie et une capacité industrielle fortement réduite aux mains des humains pour essayer de compenser les effets du réchauffement climatique.

De plus, comme un changement climatique important se fera ressentir, la remédiation écologique s'appuyant sur la replantation de polycultures et de forêts deviendra impossible. La chaleur et les sécheresses rendront les forêts émettrices nettes de carbone. Les forêts du nord succomberont à la chaleur, aux parasites et aux maladies, et seront ensuite réduites en cendres par d'énormes feux qui feront paraître les incendies du début du siècle insignifiants.[5] Même les pâturages intacts ne survivront pas les températures extrêmes et leur carbone sera littéralement extrait par les flammes hors de leurs sols.

Des guerres de ressources entre états détenant l'arme nucléaire vont éclater. Une guerre entre les Etats-Unis et la Russie sera moins probable que dans un contexte de guerre froide, mais des pouvoirs ascendants comme la Chine vont vouloir leur part des ressources mondiales. Les puissances nucléaires comme l'Inde et le Pakistan seront densément peuplés et écologiquement précaires; le changement climatique asséchera les rivières majeures auparavant alimentées par des glaciers, et des centaines de millions d'habitants de l'Asie du sud vivront à peine à quelques mètres au dessus de niveau des océans. Avec des ressources limitées pour équiper et entretenir une force aérienne et mécanisée, les frappes nucléaires seront perçues comme une option de plus en plus viable pour ces états désespérés.

Si les guerres de ressources deviennent des guerres nucléaires, les effets seront sévères, même dans le cas d'une guerre nucléaire "mineure" entre des pays comme l'Inde et le Pakistan. Si chaque pays utilise seulement cinquante bombes de la puissance de celle d'Hiroshima pour décimer des centres urbains, un hiver nucléaire en résultera.[6] Bien que des niveaux létaux de retombées nucléaires ne se feront sentir que pendant quelques semaines, les effets écologiques seront bien plus sévères. Les cinq mégatonnes de fumée produite assombriront le ciel autour de la planète. Le réchauffement stratosphérique détruira ce qu'il restera de la couche d'ozone.[7] En contraste de la tendance globale de réchauffement, une "petite période glacière" sera déclenchée immédiatement après le bombardement et durera plusieurs années. Pendant cette période, les températures dans les zones agricoles majeures chuteront continuellement en dessous du 0 en été. Des famines massives et immédiates suivront tout autour de la planète.

Cela prévaut dans le scénario d'une guerre à échelle réduite. La puissance d'explosion d'une centaine de bombes de type Hiroshima ne représentent que 0.03 pourcents de l'arsenal global. Si un nombre plus large de bombes plus puissantes sont utilisées - ou si des bombes à cobalt sont utilisées pour provoquer une irradiation à long terme et pour effacer toute trace de vie à la surface de la Terre - les effets seront bien pires.[8] Il n'y aura que quelques survivants. L'effet de l'hiver nucléaire sera temporaire mais le bombardement en lui-même et les feux s'en suivants mettront de larges quantités de carbone dans l'atmosphère, tueront les plantes et empêcheront la photosynthèse. Par conséquent, une fois que les cendres retomberont au sol, le réchauffement climatique sera d'autant plus rapide et pire qu'avant.

Guerre nucléaire ou non, les perspectives positives à long terme sont réduites. Le réchauffement climatique continuera à empirer bien après que les combustibles fossiles soient épuisés. Le temps de récupération écologique de la planète sera mesuré en dizaines millions d'années, si jamais possible.[9] Comme James Lovelock l'a précisé, un événement majeur pourrait pousser la planète dans un différent équilibre, bien plus chaud que l'actuel.[10] Il serait possible que des espèces végétales et des animaux ne puissent survivre que proche des pôles.[11] Il est également possible que la planète entière puisse devenir inhabitable par plantes et animaux, avec un climat plus proche de celui de Venus que de celui de notre Terre actuelle.

Le seul prérequis pour que cela arrive, soit que les tendances actuelles restent telles qu'elles sans résistance substantielle et effective. Le seul prérequis pour que le mal s'installe soit que les bonnes personnes ne fassent rien. Mais ce futur n'est pas inévitable.

Résistance limitée

Et qu'en serait il si certaines formes de résistance étaient entreprises? Et qu'en serait il si un mouvement de résistance aboveground sérieux combiné avec un petit groupe de réseaux underground œuvraient en tandem? (Cela ne serait toujours pas un mouvement majeur — il s'agit d'extrapolation, pas de fantaisie). Et si ces mouvements combinaient leurs stratégies? Ceux agissant au grand jour travailleraient à construire des communautés justes et durables là où ils se trouvent, en utilisant des méthodes d'action directes et indirectes afin d'essayer d'atténuer au mieux les excès de ceux au pouvoir, de réduire l'utilisation de combustible fossile et de lutter pour la justice sociale et écologique. Pendant ce temps-là, les clandestins s'engageraient dans des attaques ciblées sur l'infrastructure (souvent en tandem avec les luttes ouvertes), particulièrement les infrastructures d'énergie, afin d'essayer de réduire la consommation en combustibles fossiles et l'activité industrielle en générale. L'impulsion principale de ce plan serait d'utiliser des attaques ciblées afin d'accélérer l'effondrement de façon délibérée, comme provoquant l'écroulement d'un édifice branlant.

Si ce scénario se produisait, les premières années seraient assez similaires. Cela prendrait du temps pour construire la résistance et pour aligner les groupes de résistance existants sur une stratégie commune. De plus, la civilisation au sommet de sa puissance serait trop solide pour être attaquée par une résistance partielle. Les années 2011 à 2015 connaîtraient quand même les répercussions du pic pétrolier et d'une économie déstabilisée, mais dans ce cas il y aurait des attaques ciblées sur les infrastructures d'énergie, ce qui limiterait les nouvelles extractions de combustibles fossiles (en se concentrant sur les pratiques les plus désastreuses comme les mines à ciel ouvert et les sables bitumineux). Certaines de ces attaques seraient l’œuvre de groupes de résistance existants (comme le MEND) et d'autres de nouveaux groupes, dont certains du monde minoritaire des riches et des puissants. La pénurie de pétrole rendraient les attaques sur les pipelines et les infrastructures plus populaires chez toutes sortes de groupes militants. Durant cette période, les groupes militants s'organiseraient, s'entraîneraient et apprendraient.

Ces attaques ne seraient pas symboliques. Elles seraient des attaques sérieuses destinées à être efficaces mais chronométrées et ciblées afin de minimiser les "dommages collatéraux" sur les humains. Elles seraient principalement des formes de sabotage. Elles seraient destinées à faire baisser la consommation en combustibles fossiles de 30% les premières années, et plus par la suite. Il y aurait des attaques similaires sur les infrastructures d'énergie comme les lignes à haute tension. Parce que ces attaques produiraient une déclin important mais partiel de la disponibilité en énergie de nombreux endroits, un investissement local important dans les énergies renouvelables (et autres mesures comme le solaire passif, ou de meilleures isolations) serait réalisé . Cela mettrait en route un processus de décentralisation politique et des infrastructures. Cela entraînerait aussi une répression politique des violences réelles à l'encontre de ces résistants.

Pendant ce temps-là, les groupes aboveground feraient de leur mieux au milieu des remous économiques. Les différentes classes sociales deviendraient plus conscientes de leur place dans la société et s'organiseraient en conséquence. Les activistes du travail et de la pauvreté se tourneraient de plus en plus vers l'autonomie communautaire. Les activistes du domaine de l'alimentaire et de l'autosuffisance tendront la main aux exclus du capitalisme. Les chômeurs et des sous-employés — en augmentation — commenceraient à organiser une économie de subsistance et d'échange indépendante du système capitalisme. L'entraide et le partage de compétences seraient valorisés. Dans le scénario précédent, le développement de ces compétences était entravé par le manque d'accès à la Terre. Dans ce scénario, cependant, les organisateurs déclarés apprendraient des groupes comme le Mouvement des Sans Terre d'Amérique Latine. Une occupation organisée et généralisée des terres inutilisées forceraient les gouvernements à céder celles-ci pour la réalisation de "jardins de la victoire", en d'autre mots des jardins communautaires massifs et des fermes coopératives de subsistance.

La situation dans bien des pays du Tiers-Monde pourrait s'améliorer grâce à l'effondrement économique mondial. Les pays du monde minoritaire ne seraient plus soumis à des programmes de dettes et d'ajustements structurels, et les sbires de la CIA ne pourraient plus installer de dictatures "amicales". Le déclin des économies basées sur l'export aurait de sérieuses conséquences, oui, mais il permettrait aussi aux terres dédiées aujourd'hui aux cultures économiques de retourner à des cultures de subsistance.

L'agriculture industrielle chancellerait et commencerait à s'effondrer. Les fertilisants synthétiques deviendraient de plus en plus chers et seraient précieusement conservés dans leurs zones d'utilisation, limitant le ruissellement des nutriments et permettant aux zones mortes des océans de se restaurer. La faim serait réduite par l'agriculture vivrière et par le retour des petites fermes au travail traditionnel à la main et à la traction animale, mais la nourriture aurait plus de valeur et serait moins abondante.

Même une réduction de 50% de la consommation des combustibles fossiles ne pourrait pas faire éviter la famine et la mortalité largement répandues. Comme nous en avons discuté, la vaste majorité de toute l'énergie utilisée va aux non-essentiels. Aux Etats-Unis, le secteur agricole représente moins de 2% de l'utilisation d'énergie totale, comprenant tant la consommation directe (comme le combustible pour les tracteurs et l'électricité pour les granges et les pompes) que la consommation indirecte (comme les fertiliseurs et les pesticides synthétiques).[12] Ceci est vrai même si l'agriculture agricole est incroyablement inefficace et dépense environ 10 calories d'énergie de combustibles fossiles pour chaque calorie alimentaire produite. La consommation d'énergie résidentielle représente seulement 20% de l'usage total des États-Unis, avec la consommation industrielle, commerciale et de transport représentant la majorité de la consommation totale.[13] Et la plupart de cette énergie résidentielle va vers des appareils électroménagers comme des sèche-cheveux, la climatisation et le chauffage d'une eau utilisée de manière inefficace. L'énergie utilisée pour l'illumination et le chauffage de locaux pourrait être elle-même réduite drastiquement par des mesures ordinaires telles que la réduction du niveau d'utilisation des thermostats et le chauffage seulement des espaces où les gens vivent effectivement. (La majorité des gens ne font pas attention à ces mesures à présent, mais dans une situation d'effondrement ils le feront et encore davantage.)

Seulement une petite fraction de l'énergie des combustibles fossiles va effectivement à la subsistance de base, et même celle-ci est utilisée d'une manière inefficiente. Un déclin de 50% de l'énergie des combustibles fossiles pourrait être facilement appréhendé pour concevoir une perspective de subsistance (si non au moins financière). Rappelez-vous qu'en Amérique du Nord, 40% du total des aliments sont simplement gaspillés. Bien sûr, la pauvreté et la famine sont bien plus liées au pouvoir exercés sur les gens qu'à la puissance mesurée en watts. Même à présent, au pic de la consommation d'énergie, un milliard de personnes sont affamées. Donc, si les gens ont faim ou froid à cause des attaques militantes sélectives sur l'infrastructure, cela sera un résultat direct des actions de ceux au pouvoir, et non pas des résistants.

En effet, même si vous voulez rendre les humains capables d'utiliser les usines pour construire des éoliennes et les tracteurs pour produire la nourriture nécessaire aux cinquante prochaines années, forcer une coupe immédiate sur les combustibles fossiles devrait être au début de votre liste. Actuellement, la majeure partie de l'énergie est gaspillée pour produire des conneries plastifiées absolument inutiles, des maisons démesurées pour les riches et des drones prédateurs. La seule manière de s'assurer qu'il nous restera un peu de pétrole pour une transition de survie dans vingt années c'est de s'assurer qu'il ne soit pas dilapidé maintenant. Voulez-vous dire aux enfants, dans vingt ans, que ils n'ont pas assez à manger parce que toute l'énergie disponible a été gaspillée dans des guerres néocoloniales n'ayant aucun sens?

De retour au scénario, dans certaines zones, des banlieues et leurs nombreuses maisons abandonnées (impossible d'y vivre sans gaz bon marché) vont être reconverties en fermes, centre communautaires, cliniques ou d'autres juste démantelées et vandalisées pour les matériaux. Les garages vont devenir des granges - la plupart des gens ne pourront plus se permettre d'acheter de l'essence - et les chèvres seront mises à paître dans les parcs. Plusieurs routes seront détruites et leur emplacements deviendront des pâturages ou des forêts. Ces installations de fortune ne seront pas high-tech. Les enclaves riches auront peut-être des panneaux solaires et des éoliennes, mais la plupart des gens sans travail ne pourront pas se payer de telles choses. Dans certains cas, ces communautés deviendront relativement autonomes. Leurs pratiques sociales et l'égalité variera selon la présence de gens reconnaissant de leur propre chef les droits humains et la justice sociale. Les gens devront résister vigoureusement lorsque le racisme ou la xénophobie seront utilisées se pour l'injustice et l'autoritarisme.

Les attaques sur les infrastructures énergétiques deviendront de plus en plus communes du fait de la diminution de la disponibilité du pétrole. Dans certains cas, ces attaques seront motivées politiquement, et dans d'autres leur but sera de rediriger l'électricité ou les pipelines pour que les pauvres en bénéficient. Ces attaques accéléreront la chute du secteur de l'énergie. Cela aura des impacts économiques signifiants, mais inversera aussi la croissance de la population. La population mondiale atteindra son sommet plus tôt, et le pic sera moins haut (peut-être un milliard de moins) que dans le scénario "aucune résistance". Parce qu'un effondrement prématuré prendra place plus tôt que si rien n'est fait, il y aura plus de terres intactes par personne sur cette planète et plus de gens qui sauront comment les travailler.

La présence d'un mouvement de résistance militante et organisée provoquera une réaction de ceux au pouvoir. Certains d'entre eux utiliseront la résistance comme une excuse pour récupérer plus de pouvoir afin d'imposer des lois martiales ou fascistes. Certains d'entre eux utiliseront les crises économiques et sociales ravageant le monde comme excuses. Certains n'auront pas besoin de telles excuses.

Les autoritaires prendront le pouvoir où ils pourront and essayeront de s'imposer dans presque tous les pays. Cependant, ils seront freinés par la résistance aboveground et underground, par la décentralisation et par l'émergence de communautés autonomes. Dans certains pays, une mobilisation de masse arrêtera les dictateurs potentiels. Dans d'autres, la montée de la résistance dissoudra le pouvoir centralisé étatique, entraînant l'émergence de confédérations régionales dans certains endroits et de chefs de guerre dans d'autres. Dans les pays non-chanceux, l'autoritarisme se retrouvera au pouvoir. La bonne nouvelle, c'est que les gens auront une infrastructure de résistance en place pour pouvoir combattre et limiter l'avancée des régimes autoritaires, qui eux n'auront pas développés autant de technologies de contrôle que dans le scénario "aucune résistance".

Il y aura toujours des réfugiés inondant plusieurs zones (urbaines également). La diminution de l'émission des gaz à effet de serre causée par les attaques sur les infrastructures industrielles réduiront ou retarderont les catastrophes climatiques. Des réseaux de communautés subsistantes seront dans la capacité d'accepter et d'intégrer certaines de ces personnes. De la même manière que les racines des plantes préviennent un glissement de terrain sur une pente raide, l'afflux de réfugiés sera réduit dans certaines zones par des communautés volontaires. Dans certaines autres, le nombre de réfugiés sera juste trop important..[14]

Le développement de bio-carburants (et le destin des forêts tropicales) est incertain. Les états centralisés restants - bien qu'ils seront sûrement plus petits et moins puissants - voudront toujours récupérer autant d'énergie que possible d'où ils le peuvent. Des militants de la résistance - dans de nombreux cas insurgés et guérillas - seront nécessaires pour arrêter les industriels convertissant les forêts tropicales en plantations ou en mines de charbon, peu importe le coût. Dans ce scénario, avec une résistance limitée, cela reste une inconnue de savoir si ce niveau de militantisme pourra rassembler assez de gens.

Cela veut dire que l'effet à long terme de l'impact des gaz à effet de serre sera incertain. La consommation de combustibles fossiles devra être à un minimum absolu pour éviter un effet boule de neige provoqué par l'émission de ces gaz.

Si un tel engrenage pourra être évité, plusieurs zones pourront se régénérer rapidement d'elles-mêmes. Un retour à des polycultures pérennes aidera à inverser l'effet de serre. Les océans pourront se régénérer, aidés par une réduction de la pêche industrielle et la fin de l'utilisation de fertiliseurs synthétiques qui créent tant de zones mortes aujourd'hui.

La probabilité d'une guerre nucléaire sera bien plus basse que dans le scénario "aucune résistance". L'afflux de réfugiés d'Asie du sud-est sera diminuée. La consommation des ressources globales sera bien plus basse, de ce fait, des guerres de ressources auront moins de chance d'éclater et les régimes militaires seront plus faibles et moins nombreux. Des guerres nucléaires ne seront pas impossibles, mais si cela arrive, elles seront moins sévères.

Ce scénario présente de nombreuses bonnes perspectives mais certains problèmes subsistent, comme dans la mise en place des actions et leur plausibilité. Un des problèmes vient de l'intégration des actions aboveground et underground. La plupart des organisations environnementales aboveground sont aujourd'hui opposées à n'importe quel type de militance. Cela pourrait freiner la possibilité d'une stratégie de coopération entre militants underground et aboveground, ces derniers qui pourront mobiliser un plus grand nombre. (Cela pourrait également engendrer la chute de groupes aboveground comme l'histoire nous l'a déjà démontrée).

Il reste également à savoir si la réduction de la consommation de combustibles fossiles comme décrite précédemment sera suffisante pour éviter un emballement du réchauffement planétaire. Si celui-ci arrive quand même, tout le travail bénéfique des résistants aboveground sera réduit à zéro. Le problème opposé, c'est qu'un déclin important de la consommation de combustibles fossiles résulterait probablement en de nombreux humains blessés et privés de leurs biens. Il est également possible que la mobilisation d'un large nombre de personnes soit irréalisable en un temps si court. Le temps que la plupart des gens engendre cette transition par eux-mêmes, il sera déjà peut-être trop tard.

Alors que d'une certaine manière, ce scénario représente un compromis idéal - une situation gagnant-gagnant pour les humains et la planète - cela pourrait facilement se retourner en situation perdant-perdant. Cela nous amène au dernier de nos scénarios, une résistance forte et des attaques sur les infrastructures menées pour garantir la survie sur une planète vivable.

Attaque généralisée sur les infrastructures

Dans ce dernier scénario, la résistance militante aura comme but principal de réduire la consommation de combustibles fossiles (et par conséquent, tout dommage écologique associé) dans l'immédiat et le plus rapidement possible. Une réduction de 90% sera l'objectif. Pour les militants dans ce scénario, les impacts sur les civilisations humaines seront secondaires.

La logique en résumé: Les humains ne feront rien pour prévenir à temps la destruction généralisée de la planète. Les pauvres sont bien trop préoccupés subvenir à leurs besoins de survie, les riches bénéficient du status quo, et la classe moyenne (riche selon des standards mondiaux) est trop obsédée par ses propres droits et le spectacle technologique qui leur est offert, pour faire quoi que ce soit. Le risque d'un réchauffement planétaire devenant incontrôlable est immédiat. Une chute de la population mondial est inévitable, et moins de gens mourront si cet effondrement prend place plus tôt.

Pensez-y de cette manière. Nous savons que nous avons dépassé les limites en tant qu'espèce. Cela veut dire qu'une portion signifiante des gens aujourd'hui vivants devraient mourir pour que nous repassions en dessous de la capacité d'accueil de cette planète et que les inégalités s'accentuent chaque jour. Chaque jour, la capacité d'accueil est amoindrie par des centaines de milliers d'humains, et chaque jour la population humaine augmente de plus de 200 000 âmes.[15] Les gens s'ajoutant à cet excès chaque nouvelle journée sont des morts inutiles. Retarder l'effondrement, est en soi-même une forme d'assassinat en masse.

De plus, les humains sont une espèce parmi des millions. Tuer des millions d'espèces pour le bénéfice d'une seule est dément, comme il en est de tuer des millions de gens pour le bénéfice d'une seule personne. Et comme un effondrement écologique tuera des millions de personnes de toute manière, toutes ces espèces seraient en fin de compte mortes pour rien, et cette planète prendra des millions d'années pour s'en remettre. Pour cette raison, ceux d'entre nous qui se préoccupent du futur de notre planète doivent démanteler les infrastructures industrielles énergétiques le plus rapidement possible. Nous devrons tous faire face aux conséquences sociales du mieux que possible. Au delà de cela, un effondrement rapide sera une bonne chose pour les humains - même si il y aura une extinction partielle - parce que, au moins quelques personnes survivront. Et souvenez-vous, les gens qui ont le plus besoin que ce système s'arrête sont la majorité rurale pauvre de cette planète: le plus vite les acteurs de ce changement pourront mettre fin à la civilisation industrielle, meilleurs seront les prospects pour ces gens et leur terres. De toute manière, sans action immédiate, tout le monde meurt.

Infrastructure critique

Dans ce scénario, des militants underground très bien organisés coordonneront des attaques sur les infrastructures énergétiques tout autour de la planète. Cela prendra n'importe quelle forme d'action tactique que les militants pourront s'imaginer - attaques de pipelines, de lignes électriques, de pétroliers, de raffineries, et peut-être l'utilisation d'impulsions électromagnétiques (EMPs) pour faire des dégâts. Contrairement au scénario précédent, aucun effort sera fait pour rester en phase avec les activistes aboveground. Les attaques seront aussi persistantes que les activistes pourront les réaliser. La disponibilité de l'énergie provenant de combustibles fossiles chutera de 90%. Les gaz à effet de serre suivront la même courbe.

L'économie industrielle se morcellera. La production et le transport s'arrêtera à cause de blackouts fréquents et des prix extrêmement haut atteints par les combustibles fossiles. Quelques, peut-être la plupart, des gouvernements institueront des lois martiales et le rationnement à leur population. Les gouvernements qui prendront un tournant autoritaire seront spécialement visés par les militants de la résistance. D'autres états feront tout simplement faillite et s'effondreront.

En théorie, avec une réduction de 90% des combustibles fossiles disponibles, il y en aura encore assez pour les activités basiques de survie comme l'agriculture, le chauffage et la cuisine. Les gouvernements et les institutions civiles pourront toujours tenter une transition rapide à des activités de subsistance pour leurs populations, mais les militaires et les très riches essayeront de récupérer toute l'énergie restante pour eux. Dans certains endroits, ils réussiront et la famine se propagera. Dans d'autres, les gens refuseront l'autorité de ceux au pouvoir. La plupart des institutions influentes et internationales s'effondreront, et le choix reviendra aux gens de défendre les droits humains et une meilleure façon de vivre ou de suivre le pouvoir autoritaire. Le taux de décès augmentera, mais comme nous l'avons vu avec l'exemple de Cuba et de la Russie, l'ordre civique peut survivre à ces épreuves.

Ce qui se passera ensuite dépend d'un bon nombre de facteurs. Si les attaques persistent et que l'extraction de pétrole est minimale sur une période prolongée, il sera probable que la civilisation industrielle ne pourra pas se réorganiser.

Des enclaves industrielles bien défendues survivront, approvisionnant le combustible et les ressources sous escorte armée. Si les lois martiales réussissent à stopper les attaques après les quelques premières vagues (quelque chose qu'elles n'ont pas réussi à faire par exemple au Nigéria), les effets seront incertains. Au cours du vingtième siècle, des sociétés industrielles se sont relevées après plusieurs désastres, comme l'Europe l'a faite après la deuxième guerre mondiale. Mais dans ce cas, la situation différente. Au sein de plusieurs régions, il n'y aura pas d'aide extérieure. Les populations ne pourront plus échapper à la crise générée par les combustibles fossiles. Cela veut dire que les effets seront les mêmes partout: les populations rurales et traditionnelles seront les mieux placées pour s'en sortir.

Dans la plupart des régions, réorganiser une civilisation hautement énergivore sera impossible. Même où certaines organisations politiques actuelles persisteront, la consommation sera en chute. Ceux au pouvoir seront incapables d'utiliser la force au delà d'un certain périmètre et devront limiter leurs activités à leur environnement plus proche. Cela veut dire par exemple, que l'exploitation de zones tropicales pour le bio-carburant ne sera plus économiquement et techniquement viable, même histoire pour les sables bitumeux et les mines de charbon à ciel ouvert. La construction de nouvelles infrastructures importantes ne sera tout simplement plus faisable.

Bien que la population humaine diminuera, les choses prendront une meilleure tournure pour pratiquement toutes les autres espèces. Les océans commenceront à récupérer rapidement, tout comme les espaces sauvages endommagés. Les émissions de gaz à effet de serre ne seront plus qu'une infime partie de ce qu'elles avaient pu être par le passé, évitant probablement l'emballement du réchauffement climatique. Le retour des forêts et des prairies pourra séquestrer le carbone, permettant ainsi le maintien d'un climat vivable.

Des guerres nucléaires seront peu probables. Les populations diminuées et les activités industrielles fortement ralenties réduiront la lutte entre les états ayant survécus. La limitation des ressources sera principalement devenue un problème de nature logistique, qui fera que les guerres de ressources pour l'approvisionnement ou pour les régions riches en celles-ci deviendront inutiles.

Ce scénario également, a ses mises en garde concernant son développement et sa plausibilité. Il garantit un futur pour la planète ainsi que pour le genre humain. Il sauvera sans aucun doute des milliards de milliards d'être vivants. il créera de rudes épreuves pour les populations urbaines riches et pauvres, mais la plupart des autres se porteront bien mieux. Ce scénario est généralement impopulaire (bien que les militants dans ce scénario avanceraient l'argument que moins de gens mourront que dans le cas d'un emballement du réchauffement global).

C'est aussi une question de plausibilité. Pourraient assez de militants écologiques motivés se rassembler et se mobiliser pour rendre possible ce scénario? Pas de doute que pour beaucoup de gens le second, plus modéré, paraît plus attractif et plus probable.

Il y a bien sûr un nombre infini de futurs possibles que l'on pourrait décrire. Nous allons décrire un autre futur possible, une combinaison des deux précédents, dans lequel un mouvement de résistance suit une stratégie de Guerre Décisive Ecologique.

Stratégie de Guerre Ecologique Décisive

Objectifs

Le but ultime du mouvement de résistance principal dans ce scénario est tout simplement une planète vivante - une planète non seulement vivante mais se régénérant, devenant plus vivante et plus diverse année après année. Une planète où les humains vivent en communautés équitables et durables sans exploiter la planète ou leur confrères.

Etant donné notre état d'urgence, cela se traduit en objectifs plus immédiats, qui sont au cœur de la stratégie globale de ce mouvement:

Goal 1

Interrompre et démanteler la civilisation industrielle; en d'autres mots, priver les puissants de leur capacité à exploiter les marginalisés et à détruire la planète.

Le second objectif de ce mouvement, en même temps, dépend et assiste le premier:

Goal 2

Défendre et reconstruire des communautés humaines justes, durables et autonomes, et en parallèle, assurer la régénération des terres.

Stratégies

Accomplir ces tâches nécessite plusieurs stratégies à grande échelle impliquant beaucoup de gens dans ne nombreuses organisations, aboveground et underground. Les stratégies principales dont ce scénario aura besoin incluent les suivantes:

Strategy A

Engager des actions militantes directes à l'encontre des infrastructures industrielles, particulièrement les infrastructures énergétiques.

Strategy B

Aider et participer aux polémiques sociales, légales et écologiques; promouvoir l'égalité et lutter contre l'exploitation par ceux au pouvoir.

Strategy C

Défendre les terres et prévenir l'expansion de la déforestation, le minage, la construction, et toute autre activité industrielle, de telle manière que plus de terres et espèces seront intactes lorsque la civilisation s'effondrera.

Strategy D

Construire et mobiliser des organisations de résistance qui soutiendront les activités citées précédemment, incluant training, recrutement, support logistique, et autres activités décentralisées.

Strategy E

Reconstruire des fondations subsistantes et durables pour les sociétés humaines (incluant polycultures pérennes pour la nourriture) et des communautés localisées et démocratiques maintenant un haut niveau de droits de l'homme.

En décrivant ce futur alternatif, nous nous devons d'être clair à propos certaines phrases abrégées comme "actions contre l'infrastructure industrielle". Toutes les infrastructures ne sont pas égales, et toutes les actions contre les infrastructures n'ont pas la même priorité, efficacité et moralité au sein de ces mouvements de résistance dans ce scénario. Comme Derrick a écrit dans son ouvrage Endgame, il est impossible de trouver une justification morale pour faire exploser un hôpital pour enfants. Au contraire, il est possible d'en trouver une pour démanteler des tours de transmission du signal pour téléphones mobiles. Certaines infrastructures sont faciles, d'autres difficiles, et d'autres encore plus difficiles.

"Plusieurs mécanismes différents mènent a l'effondrement et ils ne sont pas tous également souhaitables. Certains sont intentionnellement accélérés et encouragés, tandis que d'autres s'écoulent lentement ou sont freinés. Le déclin énergétique par la réduction de la consommation de combustibles fossiles est un mécanisme d'effondrement hautement bénéfique pour la planète et les humains, et il est encouragé. Par contre, un effondrement écologique par la destruction de l'habitat et le déclin de la biodiversité est aussi un mécanisme d'effondrement, mais celui-ci est ralenti ou stoppé chaque fois que c'est possible."

L'effondrement, de manière générale, est une perte rapide de complexité [16]. C'est un changement vers des structures plus petites et décentralisées - sociales, politiques et économiques - avec moins de stratification sociale, régulation, contrôle, discipline, etc..[17] Les mécanismes d'effondrement les plus importants incluent (sans ordre particulier):

  • Le déclin énergétique après le pic d'extraction des combustibles fossiles, suivi par une chute de leur disponibilité par capita causée par une population grandissante et industrialisée.

  • L'effondrement industriel entraîné par la ruine des économies mondiales due à l'augmentation des coûts de transport et de fabrication.
  • L'effondrement économique car le capitalisme industriel globalisé ne parvient pas à maintenir la croissance et les opérations de base. 

  • Le changement climatique causé par l'effondrement écologique, l'échec de l'agriculture industrielle, la faim, les réfugiés, les maladies, etc.

  • Plusieurs types d'effondrements écologiques causés par l'extraction des ressources naturelles, la destruction de l'habitat, la réduction de la biodiversité et le changement climatique.

  • Les maladies, incluant les épidémies et les pandémies, causées par des conditions de vie précaires et la prolifération de bactéries de plus en plus résistantes aux antibiotiques.
  • Les crises alimentaires causées par le déplacement des agriculteurs de subsistance, la destruction des systèmes alimentaires, la lutte pour les semences des fermes industrielles, les bio-carburants, la pauvreté et limites physiques de la production alimentaire liées au déclin économique. 

  • L'accélération de la consommation des ressources limitées d'eau, de sol, et de pétrole menant à l'épuisement des ressources naturelles facilement accessibles. 

  • L'effondrement politique entraîné par la dissolution de large entités politiques en groupes réduits, des séparatistes se détachant des états importants et des états en faillite.

  • L'effondrement social entraîné par le manque de ressources et l'agitation politique prenant de l'ampleur, regroupant les gens selon leur identité (classe sociale, similarité ethniques ou affinités régionales) et générant souvent une forte adversité entre ces groupes de taille réduite. 

  • Les guerres et les conflits armés, le plus souvent des guerres de ressources pour se départager les ressources devenues rares et des conflits internes entre les chefs de guerre et factions rivales.

  • Le crime et l'exploitation causés par la pauvreté et l'inégalité, particulièrement dans les régions urbaines à forte densité de population. 

  • Les déplacements de réfugiés résultant des désastres naturels spontanés comme les tremblements de terre et les ouragans, mais rendus pires par le changement climatique, le manque de nourriture, etc.

Dans ce scénario, chaque aspect négatif de l'effondrement de la civilisation a une réciproque que le mouvement de résistance encourage. Des cendres de l'effondrement des grandes institutions autoritaires politiques renaissent des structures politiques à petite échelle et participatives. L'effondrement du capitalisme industriel global engendre le fleurissement de systèmes locaux d'échange, de coopération et d'aide mutuelle. Dans ce scénario alternatif, un petit nombre d'activistes underground détruisent les grandes mauvaises structures, et un nombre important d'activistes aboveground cultivent les petites bonnes structures.

Dans son ouvrage 'L'effondrement de sociétés complexes", Joseph Tainter défend que le mécanisme majeur d'effondrement a quelque à avoir avec la complexité sociale. La complexité est un terme général qui prend en compte le nombre de différents travaux ou rôles dans la société (i.e. pas seulement "soigneurs" mais épidémiologistes, chirurgiens traumatiques, gérontologues, etc.), la taille et la complexité des structures politiques (i.e. pas seulement "assemblées populaires" mais bureaucraties étendues et multi-niveaux), le nombre et la complexité de produits et technologies fabriqués (i.e. pas seulement armes mais nombreux calibres et balles différentes), etc. Les civilisations ont tendance à utiliser la complexité pour adresser les problèmes, et comme résultat, leur complexité se complexifie d'autant plus avec le temps.

Cependant, la complexité a un coût. Le déclin d'une civilisation commence lorsque les coûts de sa complexité commencent à dépasser les bénéfices apportée par celle-ci. en d'autres termes, quand cette complexité continuellement augmentant commence à avoir des retours négatifs. A ce moment, individus, familles, communautés, sous-unités politiques et sociales ont un effet dissuasif à participer à cette civilisation. La complexité ne fait qu'augmenter et continue à devenir de plus en plus chère. Éventuellement, les coûts explosant forcent cette civilisation à s'effondrer, et les gens se retranchent dans des organisations politiques locales.

...Le sabotage l’emporte sur la production

Une des fonctions de la résistance est de faire augmenter les coûts de cette complexité et d’en faire diminuer les bénéfices. Cela n’implique ni un effondrement instantané ni des actions dramatiques à l’échelle mondiale. Même des actions locales peuvent faire augmenter le coût de la complexité et accélérer les bonnes parties de l’effondrement tout en minimisant les mauvaises.

Tainter défend que cette société moderne ne s’effondrera pas de la même manière que l’ont faites les sociétés plus anciennes, car la complexité (par exemple, l’agriculture à grande échelle et l’extraction de combustibles fossiles) est devenue la moelle épinière de la société humaine et non plus quelque chose dont elle peut facilement se passer. De nombreuses sociétés historiques se sont effondrées lorsque ses acteurs sont retournés aux villages et à une vie traditionnelle, moins complexe. C’était leur choix. Les gens modernes ne feront pas cela, ou du moins pas à grande échelle, parce que d’une part, il n’y a plus beaucoup de villages et d’autre part, un style de vie traditionnel ne leur est plus directement accessible. En d’autres mots, les individus des sociétés modernes sont dans une impasse, et beaucoup d’entre eux continueront à galérer au sein de cette civilisation industrielle même si cela devient clairement contre-productif. Dans le cas d’un scénario de Guerre Décisive Ecologique, les activistes aboveground faciliteront cet aspect de l’effondrement en développant des alternatives réduisant cette pression et encourageant les gens à s’extraire des rouages du capitalisme industriel par choix.

***

Cela vaut le coup de se pencher pour quelques raisons sur le concept de « Guerre populaire prolongée » qui a été utilisé en Chine et au Vietnam. L'idée est intéressante. Son cœur est adaptable et applicable même dans le cas de revers et de retournements de situation importants.

Cependant, le concept de guerre populaire prolongée ne pourra pas s’appliquer comme tel au futur qui nous attend. Le nombre de participants dont cette approche a besoin ne sera jamais atteint dans notre scénario mais ils devront tout de même faire face à un différent type d’adversité, pour lequel différentes tactiques sont applicables. Ils prendront l’idée essentielle de la guerre populaire prolongée et l’appliqueront à leur propre situation – le besoin de sauver leur planète, de démanteler la civilisation industrielle et d’empêcher sa recrudescence. Ils définiront une nouvelle stratégie générale basée sur un simple continuum d’étapes qui s’enchaîneront logiquement l’une après l’autre.

Dans ce scénario alternatif, la Guerre Décisive Ecologique aura 4 phases qui s’étendront de notre futur immédiat jusqu’au déclin de la civilisation industrielle. La première phase est Mise en contact et mobilisation. La seconde phase est Sabotage et action asymétrique. La troisième est Perturbation des systèmes. Et la quatrième et phase finale est Démantelement décisif des infrastructures.

Chaque phase a ses propres objectifs, approches opérationnelles, et besoins organisationnels. Il n’y aucune séparation distincte entre les phases, et différentes régions progresseront à différents rythmes au travers de ces phases. Ces phases mettront l’accent sur le rôle des réseaux militants de la résistance. Le développement d’alternatives aboveground et la revitalisation des communautés humaines se passeront en même temps mais cela ne nécessitera pas la même rigueur stratégique ; reconstruire des communautés humaines en bonne santé avec une base de subsistance solide doit être entrepris au plus vite, à l’échelle mondiale, en suivant un timing et des méthodes adaptées à chaque région. Les militants de ce scénario, d’autre part, doivent partager une stratégie générale pour réussir.

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Les Quatre Phases de la GED

Les Quatres Phases de la Guerre Écologique Décisive

Ecouter une version audio des quatre phases de la GED (en anglais): Phase IIIIIIIV

Phase I : Mise en contact et Mobilisation

Préambule

Dans la phase une, les résistants se concentrent sur l'organisation de réseaux et la construction de cultures de résistance pour maintenir ces réseaux. Beaucoup de sympathisants ou de potentielles recrues ne sont pas familiers avec les stratégies et actions sérieuses de résistance, ainsi des efforts sont fait pour diffuser cette information. Mais actuellement, la clef de cette phase est de former des organisations aboveground et underground (ou au moins un noyau) qui va effectuer un recrutement organisé et planifier des actions décisives. La culture de sécurité et la culture de résistance ne sont pas vraiment développées pour l'instant, ainsi des efforts extraordinaires sont fait pour éviter les erreurs inutiles qui conduiraient à des arrestations et à dissuader les informateurs de collecter et transmettre les informations.

La formation des militants est la clef de cette phase, particulièrement avec des actions peu risquées (mais efficaces). Les nouvelles recrues deviendront les combattants, manageurs, et meneurs des phases ultérieures. Les nouveaux activistes sont initiés à la philosophie de la résistance déjà forgée, et les activistes confirmés se laisse influencer par les nouveaux afin de ne pas tourner mal ou de ne pas prendre de mauvaises habitudes. C'est le moment où le mouvement de résistance s'organise et devient sérieux. Les gens mettent leurs besoins et conflits personnels de côté afin de former un mouvement qui peut combattre pour gagner.

Dans cette phase, les personnes isolées se rencontrent pour former une vision et une stratégie pour le futur, et établissent le noyau de la future organisation. Bien sûr, le réseau se met en place avec des mouvements de résistance orientés qui existent déjà, mais la plupart des organisations ne sont pas prêtes à adopter une position militante ou intransigeante à l'égard de ceux au pouvoir ou des crises auxquelles ces personnes sont confrontées. Si possible, elles devraient être encouragées à prendre des positions plus adéquates à l'ampleur des problèmes qui sont à portée de main.

Cette phase est déjà en cours, mais beaucoup de travail reste a faire.

Objectifs

  • Construire une culture de résistance, avec tout son héritage.
  • Construire des réseaux de résistance aboveground et underground et assurer leur survie.

Opérations

  • Les opérations sont généralement des actions peu risquées, afin que les personnes puissent être entraînées, protégées et pour qu'elles puissent soutenir le réseau mis en place. Celles-ci sont principalement dans la catégorie de maintien et de mise en forme.
  • Un maximum de formations et de recrutements est très important à ce moment. Plus tôt les personnes sont recrutées, plus grande est la confiance qu'on peut avoir en eux et plus long est le temps pour évaluer leurs compétences pour des actions plus sérieuses.
  • Les opérations de communication et de propagande sont aussi requises pour sensibiliser et diffuser l'information à propos des tactiques et stratégies utiles, et sur la nécessité d'organiser des actions.

Organisation

  • La plupart des organisations de résistance dans ce scénario sont encore des réseaux diffus (vagues, imprécis), mais ils commencent à s'étendre et à s'unir. Cette phase vise à construire l'organisation.

Phase II - Sabotage et action asymétrique

Préambule

Dans cette phase, les résistants pourraient tenter de perturber ou mettre hors service des cibles en saisissant des opportunités. Pour s'attaquer à plusieurs d'entre elles simultanément, les réseaux et les compétences underground nécessaires n'existent aujourd'hui tout simplement pas. Les résistants peuvent viser des cibles particulièrement flagrantes comme des centrales à charbon ou des banques qui exploitent les gens. Pendant cette phase, la résistance doit se focaliser sur ses pratiques, sonder les réseaux ennemis et leur sécurité, et accroître son soutien à la construction de réseaux organisés. Dans ce futur possible, les cellules underground ne tentent pas de provoquer une répression plus puissante que ne l'est la capacité des réseaux naissants à y faire face. Par ailleurs, quand de sérieuses répressions ont lieu et que faire machine arrière est nécessaire, ils se retirent vers la première phase qui met l'accent sur l'organisation et la survie. En effet, un grand nombre de contretemps sont à prévoir durant cette phase, indiquant un manque de règles de base, de structures et de signaux clairs sur la nécessité de se rabattre sur quelques-unes des priorités de la première phase.

Le mouvement de résistance dans ce scénario comprend l'importance des actions décisives. Dans les deux premières phases, ils n'insistent pas sur les actions directes, non pas parce qu'ils se retiennent, mais parce qu'ils travaillent du mieux qu'ils peuvent, pas à pas. Ils savent que la planète a besoin de leurs actions et comprennent que ce n'est pas en agissant imprudemment et hâtivement ou en créant des problèmes auxquels ils ne sont pas préparés, que ça lui rendra service. Cela conduirait uniquement à leur miner le moral et des déceptions. Leur mouvement agit de manière aussi sérieuse, rapide et décisive que possible mais fait en sorte de construire les fondations dont il a besoin pour être vraiment efficace.

Plus il y a de personnes qui rejoignent le mouvement, plus ils travaillent dur et plus ils sont entrainés, plus vite ils peuvent passer d'une phase à l'autre.

Dans ce futur alternatif, les activistes, notamment aboveground, s'engagent dans plusieurs tâches importantes. Ils font progresser l'acceptation et la normalisation de tactiques militantes et radicales où cela est approprié. Ils supportent verbalement le sabotage quand il se produit. Des groupes de défense plus modérés utilisent les événements de sabotage pour critiquer ceux au pouvoir d'avoir échoué à mettre en place des mesures face aux questions cruciales comme le changement climatique (plutôt que de critiquer les saboteurs). Ils soutiennent que le sabotage n'aurait pas à avoir lieu si la société civile donnait une réponse raisonnable aux problèmes sociétaux et écologiques, et profitent de cette opportunité et ses répercussions médiatiques pour apporter des solutions aux problèmes. Ils ne s'allient pas à ceux au pouvoir contre les saboteurs, mais soutiennent que la situation est assez sérieuse pour en venir à ces actions légitimes, alors même qu'ils ont personnellement choisi un parcours différent.

A ce moment du scénario, plus de groupes de base et radicaux continuent à établir une communauté de résistance, mais aussi à établir des organisations discrètes et des institutions parallèles. Ces institutions s'établissent elles-mêmes ainsi que leur légitimité, elles mettent en relation les communautés, et en particulier prennent des mesures pour trouver des relations en dehors de la "bulle activiste" traditionnelle. Ces institutions mettent également l'accent sur l'urgence, la préparation au désastre et le fait d'aider les gens à faire face à cet effondrement imminent.

Simultanément, les activistes aboveground organisent les gens pour la désobéissance civile, la confrontation de masse, et d'autres formes d'actions directes appropriées.

Quelque chose d'autre commence à prendre racines : les organisations aboveground établissent des coalitions, des confédérations et des réseaux régionaux, étant conscientes qu'il y aura plus d'obstacles sur leur route si elles attendent trop longtemps. Ces confédérations maximisent le potentiel de l'organisation aboveground par le partage des matériaux, des connaissances, des compétences, des programmes d'apprentissage et ainsi de suite. Ils prévoient aussi d'améliorer leur stratégie et de s'engager dans des campagnes persistantes et planifiées au lieu de se contenter d'une organisation réactive ou qui aurait pour mot d'ordre "œil pour œil...".

Objectifs

  • Identifier les cibles individuelles prioritaires et s'engager. Ces cibles sont choisies par les résistants parce qu'elles sont plus facilement atteignables ou selon d'autres critères de sélection spécifiques.
  • Donner un entraînement et une expérience terrain réelle dont auront besoin les responsables pour atteindre les cibles et systèmes importants. Même les actions décisives ont une portée et un impact limités dans cette phase, bien qu'un bon choix du timing et des cibles permet des gains significatifs.
  • Ces opérations exposent aussi les points faibles du système, démontrent la possibilité matérielle de résister et inspirent d'autres résistants.
  • Etablir publiquement la justification de la résistance matérielle et la confrontation avec le pouvoir.
  • Etablir des organisations aboveground concrètes et des institutions parallèles.

Opérations

  • Des opérations décisives limitées mais croissantes, combinées à des opérations plus durables (pour soutenir des organisations qui demandent un plus gros soutien logistique) et des opérations continues de formation.
  • Dans les opérations décisives et de support, ces hypothétiques résistants sont prudents et intelligents. Les nouveaux responsables inexpérimentés ont tendance à vouloir prouver leur courage, donc ils choisissent uniquement les opérations avec des résultats garantis; ils savent qu'à cette étape, ils se doivent de consolider leur approche pour adresser les plus grandes actions à venir.

Organisation

  • A besoin de cellules underground, mais bénéficie de plus grands réseaux underground. L'accent est encore à ce moment mis sur le recrutement.
  • Les mouvements et réseaux aboveground prolifèrent comme ils peuvent, surtout depuis que le travail à venir requiert une gestion significative du temps pour développer les compétences, les communautés et ainsi de suite.

Phase III - Perturbation des systèmes

Préambule

Dans cette phase les résistants se libèrent des objectifs individuels pour s'adresser aux systèmes industriels, politiques et économiques en entier. La perturbation des systèmes industriels nécessite des réseaux underground organisés de manière hiérarchique ou paramilitaire. Ces plus grands réseaux émergent des précédentes phases avec la possibilité de réaliser plusieurs actions simultanées.

La perturbation des systèmes vise à identifier les points clés et les failles dans les systèmes adverses (électrique, transport, finance, etc...) et les amener à s'effondrer ou réduire leur fonctionalité. Cela ne peut être fait en une fois. Ces systèmes industriels sont énormes et peuvent être fragiles, mais sont ramifiés plutôt que compacts. Des repérages sont effectués. Les membres de la résistance en sont conscients. La perturbation efficace des systèmes nécessite un programme pour des actions continues et coordonées à travers le temps.

Dans ce scénario, les militants aboveground ne progressent pas tant le système reste ancré dans sa routine. D'un autre côté, pendant que les systèmes économiques et industriels mondiales sont perturbés de façon croissante (à cause de la chute des systèmes économiques capitalistes, désastres naturels, hausse du prix du pétrole, des sols, de l'eau, ou d'autres raisons) le soutien des communautés locales augmente. Les perturbations de livraison d'électricité et de produits manufacturés font augmenter l'intérêt pour la nourriture locale, l'énergie locale, et autres. Ces perturbations permettent aux gens de faire face plus facilement à l'effondrement complet à court/long terme, des gains à long terme, même lorsque les humains sont directement concernés.

Dimitry Orlov, un des principaux analystes de l'effondrement Soviétique, explique que la nature dysfonctionnelle du système soviétique préparait les gens pour sa désintégration éventuelle. En revanche, le fonctionnement harmonieux de l'économie industrielle provoque un faux sentiment de sécurité afin que les gens ne soient pas préparés, ce qui aggrave l'impact. "Après l’effondrement, on regrette de ne pas avoir eu un secteur de la distribution moins fiable, avec des pénuries et des files d’attentes, parce que les gens auraient été forcé d’apprendre se débrouiller par eux-mêmes au lieu d'attendre que quelqu’un vienne les nourrir."[18] Les organisations et les institutions aboveground sont bien établies à cette phase de ce scénario alternatif. Elles continuent à réformer, à se concentrer sur le besoin urgent de justice, relocalisation, et de communautés résilientes, sachant que le système dominant est injuste, non fiable et instable.

Bien sûr, dans ce scénario, les actions militantes impactant directement la vie de tous les jours provoque un contre coup, parfois de la part du public, mais la plus part du temps venant des différents niveaux du système autoritaire. Les activistes aboveground sont les combattants de front s'opposant à l'autoritarisme. Ce sont les seuls qui peuvent mobiliser une vague populaire, indispensable pour stopper l'avancée du fascisme.

De plus, ces activistes aboveground utilisent les systèmes perturbés comme des occasions pour renforcer les communautés locales et les institutions parallèles. Les gens ordinaires sont encouragés à apporter leur soutien à des alternatives de production locale dans les sphères économiques, politiques et sociales. Lorsque la tourmente économique cause la baisse de l'emploi et l'hyperinflation, les gens sont employés localement pour le bénéfice de leurs communautés et de leurs terres. Dans ce scénario, alors que les gouvernements nationaux autour du monde sont de plus en plus étranglés par les crises (comme la montée du cours du pétrole, pénuries alimentaires, chaos climatique, etc...) et échouent de plus en plus à subvenir aux besoins des gens, des conseils démocratiques directs et locaux commencent à prendre le dessus sur les administrations de base et les services d'urgence, et les gens redirigent leurs impôts vers ces entités locales (en partie comme une non-coopération générale contre ceux au pouvoir). Cela se passe au même moment que l'intervention d'urgence des communautés et les mesures de préparation aux désastres déjà entreprises.

Dans ce scénario, à chaque fois que ceux au pouvoir augmentent l'exploitation ou le totalitarisme, les résistants aboveground appellent les gens à retirer leur soutien à ceux au pouvoir, et de le transférer vers des corps politiques locaux et démocratiques. Ces institutions parallèles peuvent faire un meilleur travail que ceux au pouvoir. Les relations inter-démographiques établies dans les phases précédentes aident à garder les structures politiques locales justifiées, et à rallier le soutien de nombreuses communautés.

Tout au long de ces phases, des efforts stratégiques sont faits pour augmenter les contraintes existantes sur les systèmes économiques et industriels causés par l'inflation du cours de pétrole, l'instabilité financière, et d'autres facteurs relatifs. Les résistants se voient comme en train de pousser un bâtiment délabré qui a déja commencé à pencher. En effet, dans ce scénario de nombreuses perturbations viennent de l'interieur de ce système, plutôt que des résistants.

Cette phase amène des gains décisifs et significatifs. Même si les systèmes industriels et économiques principaux ne se sont pas complétement effondrés, des perturbations prolongées signifient une réduction de l'impact écologique; bonne nouvelle pour la planète, et pour la survie future des humains. Même une chute de 50% de la consommation industrielle ou des émissions de gaz à effet de serre est une énorme victoire (surtout en considérant que les émissions ont continué à s'accroître malgré tout l'activisme environnemental jusqu'ici), et que cela offre un peu plus de temps aux résistants et aux autres.

Dans la partie la plus optimiste de ce scénario hypothétique, une résistance efficace conduit ceux au pouvoir à négocier ou à faire des concessions. Une fois que le mouvement de résistance est habilité à utiliser une vrai force et une vrai stratégie, cela ne pourra plus être ignoré. Les gens au pouvoir commencent alors à enfoncer les portes des activistes ordinaires, leur suppliant de négocier des changements qui pourraient être en accord avec la cause du mouvement de résistance et de modérer les actions à venir.

Dans cette version du futur, cependant, les groupes de résistance commencent vraiment à prendre des initiatives. Ils comprennent que pour la majorité de l'histoire de la civilisation, ceux au pouvoir ont retenu les initiatives, forçant les groupes de résistance ou les peuples colonisés à rester sur la défensive, pour répondre aux attaques et les maintenir constamment à l'écart. Cependant, l'inflation pétrolière et les perturbations des systèmes ont causé une série d'urgences pour ceux au pouvoir; certaines causées par les groupes de résistance, d'autres par les troubles civils dû à des pénuries, et d'autres encore sont les conséquences de siècles/millénaires d'exploitation sociales et écologiques. Pour peut-être la première fois dans l'histoire, les personnes au pouvoir dans le monde sont déséquilibrées et préoccupées par l'aggravation des crises qui s'enchaînent. Cela offre une opportunité clé pour les groupes de résistance, et les cultures et communautés autonomes, de saisir et de retenir l'initiative.

Objectifs

  • Cibler les points stratégiques de ces systèmes industriels et économiques spécifiques pour les perturber et les désactiver.
  • Provoquer une décroissance notable des activités et de la consommation industrielle.
  • Permettre des concessions, des négociations ou des changements sociaux si ceux-ci sont valables.
  • Conduire à l'effondrement de certaines entreprises, industries ou certains systèmes économiques.

Opérations

  • La plupart du temps la priorité sera mise sur les opérations décisives et de maintien, mais également de formation si nécessaire à la perturbation des systèmes. Les responsables et combattants devront être de plus en plus aguerris à ce moment, mais le début des actions sérieuses et décisives sera marqué d'un abandon de plusieurs résistants. Il ne sert à rien d'être vague; les membres, dans ce futur alternatif, qui sont attachés à la résistance militante, s'impliquent, en sachant qu'ils finiront soit mort, soit en prison. Ils savent que le meilleur monde dont ils rêvent est quelque chose à gagner grâce aux compétences et à la chance.

Organisation

  • Une utilisation importante des réseaux underground est requise; une coordination opérationnelle est un prérequis pour une perturbation efficace des systèmes.
  • Le recrutement est en marche à ce moment; surtout pour recruter des auxiliaires et faire face aux pertes de membres. Toutefois, durant cette phase, il y a plusieurs tentatives sérieuses d'infiltration. Les infiltrations ne sont pas efficaces comme elles auraient pu l'être, car les réseaux underground ont effectués un recrutement avancé dans les étapes précédentes (avant les actions à grand impact/longue portée) pour assurer la présence d'un groupe de dirigeants de confiance et de responsables qui forment la moelle épinière de ces réseaux.
  • Les organisations aboveground sont capables de mobiliser de nombreuses personnes grâce aux différentes crises sociales, politiques et matérielles.
  • A ce moment, les résistants militants commencent à être visé par les ripostes de personnes qui devraient être de leur côté, comme de nombreux libéraux, surtout pendant que ceux au pouvoir font pression sur les activistes aboveground.

Phase IV - Démantèlement Décisif des Infrastructures

Préambule

Le démantèlement décisif des infrastructures va au-delà de la perturbation des systèmes. L'intention est de démanteler autant que possible l'infrastructure industrielle basée sur les combustibles fossiles. Cette phase est le dernier recours; dans la prévision la plus optimiste, elle n'est pas nécessaire. Dans une prévision optimiste de ce scénario, convergeant les unes vers les autres, crises et perturbations de l'infrastructure se combineraient avec des mouvements aboveground vigoureux pour forcer ceux au pouvoir à accepter des changements sociaux, politiques et économiques; les baisses dans la consommation s'additionneraient à une véritable et sincère tentative de transition vers une culture durable.

Cependant, cette projection optimiste n'est pas très probable. Il est bien plus probable que ceux au pouvoir (et beaucoup d'autres individus) s'accrocheront à la civilisation même lorsqu'elle s'effondrera, et ils seront probablement du côté de l'autoritarisme s'ils pensent que cela pourra leur permettre de conserver leurs privilèges et leurs droits.

La question essentielle - sur laquelle nous revenons encore et encore - c'est le temps. Nous allons bientôt atteindre (si ce n'est pas déjà fait) le point de déclenchement de l'emballement irréversible du réchauffement de la planète. La phase de perturbation des systèmes de ce scénario hypothétique offre plusieurs alternatives. Les perturbations dans ce scénario sont conçues pour avoir de l'impact sur les industries et tenter de minimiser l'impact sur les civils mais les systèmes industriels sont lourdement intégrés à l'infrastructure civile. Si des perturbations sélectives ne fonctionnent pas assez vite, quelque résistants pourraient conclure que toutes les perturbations possibles sont nécessaires pour éviter à la planète de partir en fumée.

La différence entre la phase III et IV de ce scénario peut sembler subtile car elles impliquent toutes deux, à un niveau opérationnel, des actions coordonnées pour perturber, à grande échelle, les systèmes industriels. Cependant, la phase III nécessite un peu de temps pour affaiblir les systèmes, pour mobiliser les gens et les organisations et pour construire une série d'actions perturbantes. La phase III donne aussi des "avertissements adaptés" pour que les personnes normales puissent se préparer. De plus, la phase III donne du temps à la résistance pour se développer en matière d'organisation et de logistique, ce qui est indispensable pour procéder à la phase IV. Les différences entre ces deux phases sont la capacité et la retenue. Pour que les résistants de ce scénario passent de la phase III à IV, ils ont besoin de deux choses: une organisation capable de mettre sur pieds les actions requises pour la phase IV et la certitude qu'il n'y a plus aucune raison d'attendre des reformes sociétales pour réussir selon leur propre timing.

Dans ce scénario, ces deux phases sauvent des vies, qu'elles soient humaines ou non-humaines, mais si une mobilisation aboveground de grande envergure ne voit pas le jour une fois que l'effondrement est en cours, la phase IV devient le meilleur moyen de sauver des vies.

Imaginez que vous montez dans un tramway dans une ville encombrée de piétons. Dans le tramway, il y a les hommes civilisés, et dehors il y a toutes les vies non-humaines de cette planète et les humains qui ne sont pas civilisés ou qui ne tirent pas de bénéfices de la civilisation ou qui ne sont pas encore nés. Inutile de dire que ces derniers dépassent largement en nombre le peu de vous qui êtes dans le tramway. Mais le conducteur du tramway est pressé, et accélère aussi vite qu'il peut, labourant la foule, blessant et tuant des masses de piétons. La plupart de vos compagnons de voyage ne semblent pas s'en soucier; ils doivent se rendre quelque part et ils sont contents d'avancer, peu importe le prix.

Certains passagers semblent énervés par la situation. Si le conducteur continue d'accélérer, disent-ils, il est possible que le tramway s'écrase et que les passagers soient blessés. Il n'y a pas à s'en faire, leur dit quelqu'un. Ses calculs montrent que les corps s'empilant devant la voiture pourraient éventuellement ralentir la voiture et l'amener vers un freinage en douceur. N'importe quelle intervention des passagers serait inutile, et provoquerait sûrement une réprimande de la part du chauffeur. Pire, un passager dérangeant pourrait être jeté du tramway qui lui roulerait dessus plus tard.

Vous, à l'inverse de la plupart des passagers, êtes plus concernés par le carnage constant à l'extérieur que par la sécurité future des passagers du tramway et vous savez que vous devez faire quelque chose. Vous pourriez sauter par la fenêtre et fuir, mais alors le tramway traverserait la foule, et vous n'auriez plus aucune chance d'intervenir. Alors vous décidez de tenter de saboter le tramway de l'intérieur, en coupant les fils électriques, activer le frein à main ou le faire dérailler, ou au moins faire ce que vous pouvez.

Dès que les autres passagers réalisent ce que vous êtes en train de faire, ils vont essayer de vous arrêter, et peut-être même de vous tuer. Vous devez décider si vous comptez arrêter le tramway rapidement ou lentement. Il se déplace si vite maintenant que si vous l'arrêtez soudainement, ça pourrait envoyer les passagers contre les sièges devant eux ou sur les côtés. Ça pourrait en tuer certains. Mais si vous arrêtez le tramway doucement, qui sait combien de personnes innocentes seront frappés par le tramway lors de la décélération? Et si vous ralentissez seulement, le conducteur sera capable de réparer les dégâts et repartir de plus belle.

Alors, qu'est ce que vous faites? Si vous choisissez d'arrêter le tramway le plus vite possible, alors vous aurez fait le même choix que ceux qui se chargeraient de la phase IV. Vous avez pris la décision qu'arrêter la destruction aussi vite que possible est plus important que n'importe quel programme de réforme. Bien sûr, même en arrêtant la destruction aussi vite que possible, vous pouvez toujours prendre des mesures pour réduire les victimes à bord du tramway. Vous pouvez dire aux passagers de s'asseoir et de boucler leurs ceintures ou de se préparer à l'impact. Le fait qu'ils vous écoutent ou pas est une autre histoire, cela relève de leur responsabilité, pas la vôtre.

Il est important de ne pas mal interpréter cet aspect de la phase IV de ce scénario d'un futur alternatif. Le but n'est pas de causer des victimes humaines. Le but est d'arrêter la destruction de la planète. L'ennemi n'est pas la population civile - ou n'importe quelle population - mais un système économique socio-pathologique et socio-politique. La destruction écologique de cette planète est causée à la base par les industries et le capitalisme; les questions de population sont au mieux en troisième position. Le projet de faire s'effondrer l'infrastructure industrielle dans ce scénario n'est pas plus destiné à blesser les humains que le projet d'arrêter le tramway sans blesser les passagers. Le but est de réduire les dégâts aussi vite que possible, tout en prenant en compte les préjudices causés par la culture dominante aux créatures vivantes, passées et futures.

Ce n'est pas une phase facile pour les résistants aboveground. Une partie de leur boulot dans ce scénario est aussi d'aider à démolir l'infrastructure, mais ils détruisent principalement les parties économiques ou politiques nous exploitant, ce qui ne va pas jusqu'au niveau physique. En général, ils continuent de faire ce qu'ils faisaient dans la phase précédente, mais à plus grande échelle et à plus long terme. Le soutien au public est orienté vers les systèmes politiques et économiques locaux, démocratiques et justes. Des efforts sont entrepris pour gérer les cas d'urgence et pour faire face aux parties les plus dures de l'effondrement.

Objectifs

  • Démanteler l'infrastructure physique critique nécessaire au fonctionnement de la civilisation industrielle.
  • Provoquer un effondrement industriel généralisé, au delà des systèmes économiques et politiques.
  • Utiliser des actions continues et coordonnées pour entraver les réparations et les remplacements.

Opérations

  • Se concentrer principalement sur des actions décisives et de maintien.

Organisation

  • Requiert des réseaux militants underground bien développés.
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Exécution de la GED

Lancer la Guerre Décisive Ecologique

Ecouter un enregistrement audio sur le lancement de la Guerre Décisive Ecologique (en anglais)

Il est important de prendre note, comme dans le cas d'une guerre populaire prolongée, que la Guerre Décisive Ecologique n’a pas nécessairement une progression linéaire. Dans ce scénario, les résistants reviennent aux phases précédentes si nécessaire. Après des revers ou des échecs majeurs, les organisations de résistance mettent l’accent sur la subsistance et le réseautage pendant qu’elles se regroupent et préparent leurs prochaines actions stratégiques. De plus, les mouvements de résistance progressent au travers de chaque phase irrégulièrement, revenant en arrière pour consolider les précédentes une fois qu’un succès a été achevé dans une phase plus avancée. Si les infrastructures industrielles mondiales ont été perturbées ou fragmentées avec succès (Phase IV), les résistants retournent à la perturbation des systèmes au niveau local ou régional (Phase III) et si cela a également été réalisé avec succès, les résistants se rétractent à la Phase II, concentrant leurs efforts sur les cibles restantes à ce niveau.

En prenant l’hypothèse que la race humaine ne s’éteigne pas, même ce scénario aura besoin de gens se concentrant sur la Phase I indéfiniment, conservant une culture de résistance et transmettant les connaissances de base et les compétences nécessaires aux nouvelles générations pour continuer ce combat sur les prochains siècles et millénaires.

La progression de la Guerre Décisive Ecologique peut être comparée à une succession écologique. Il y a quelques mois, j'ai visité une carrière abandonnée, où plusieurs couches de roches ont été creusées et réduites en poussière, laissant une cavité cubique de plusieurs étages dans le calcaire. Une petite pile de gravier était à l’abandon dans un coin, et un peu de mousse s’y était installée. La mousse était fine, mais elle n’a besoin que d’un peu d’eau et de substances nutritives pour survivre. Une fois que la mousse a poussée pendant quelques saisons, elle fournit assez de sol pour que de l’herbe puisse prendre le relais.

Rapide à s’établir, l’herbe est souvent parmi les premières espèces à reprendre racines sur les terrains de ce genre. De la même manière, les premières organisations de résistance sont généralistes, non spécialistes. Elles sont robustes, s’étendent et se reproduisent rapidement, semant leurs graines en surface (aboveground) ou créant des réseaux souterrains de racines (underground).

L’herbe à la carrière créa un sol viable rapidement; et peu après il y a avait assez de sol pour des fleurs sauvages ainsi que d’autres organismes plus complexes. De la même manière, un nombre important d’organisations de résistances « généralistes » aident à établir des communautés de résistances, une culture de résistance, qui donneront l’impulsion nécessaire à la création d’organisations de résistances plus spécialisées et plus efficaces.

Organisation Underground

Les acteurs hypothétiques qui mettent en place cette stratégie iront de l’avant d’une phase à la suivante intelligemment : identifier lorsque les éléments nécessaires sont en place, lorsque les réseaux de résistance ont suffisamment été mobilisés et entrainés, et lorsque les pressions externes dictent le changement. Dans le manuel d’opérations terrain de l’armée de Etats-Unis, le général Eric Shinseki défend que les règles stratégiques ont besoin de « commandants assurant les transitions, et ayant une capacité d’adaptation avancée ». Les transitions – les déploiements, l’intervalle entre une opération et la suivante, la consolidation des objectifs, le passage des lignes ennemies – entrave l’élan opérationnel. Maîtriser les transitions est la clé pour maintenir l’élan et gagner ».

Cela est particulièrement difficile à faire lorsque la résistance ne reçoit pas d’instructions centralisées. Dans ce scénario, il n’y a aucun moyen de disperser des ordres opérationnels ou tactiques, ou de collecter des informations précises sur les forces de la résistance et alliés. Shinseki continue : « Cela place la priorité sur la réactivité – des soldats bien entraînés, des leaders adaptables qui comprennent notre doctrine, et des formations polyvalentes, agiles et létales ». Les résistants de la civilisation ne sont dans ce scénario pas tant concernés par l’aspect « létal », mais plutôt par l’efficacité sous entendue ici.

La résistance à la civilisation est en soi décentralisée. Cela prévaut double pour les groupes underground qui limite au maximum leur communication entre eux. Pour compenser le manque d’instructions centralisées, dans ce scénario, une stratégie générale et globalisée est connue de tous, acceptée et mise en application. De plus, des groupes alliés plus distants sont prêts à mener des actions lorsque la situation devient stratégiquement pertinente. Ces groupes sont préparés à prendre avantage des crises comme les effondrements économiques.

Dans ce scénario alternatif, le mouvement underground, organisé comme tel en cellules réduites, a des implications majeures pour l’application des principes de guerre. L’entité idéale pour faire face à la civilisation industrielle aurait été de larges réseaux paramilitaires hiérarchisés. Un tel réseau aurait pu se charger de l’entraînement, de la discipline et de la coordination des actions nécessaires au développement d’une militance accrue à l’échelle continentale. Cependant, pour des raisons pratiques, un tel réseau unique ne voit jamais le jour. Des structures similaires historiquement connues comme l’ARI ou d’autres groupes insurgents contrôlant des territoires ont fait surface grâce à l’absence des technologies de surveillance modernes, en présence d’une culture de résistance forte et d’une opposition importante de l’occupé.

Bien que des cellules underground puissent toujours se former regroupant des personnes de confiance de cercles sociaux restreints, de large réseaux paramilitaires auront bien plus de difficultés à se former dans un contexte anti civilisation aujourd’hui. Premièrement, la proportion de recrues potentielles au sein du peuple est bien plus restreinte qu’elle ne le fut durant les mouvements anticoloniaux ou anti-occupation au cours de l’histoire. De ce fait, cela prendra plus longtemps et sera plus difficile d’étendre des réseaux underground existants. La solution utilisée par certains groupes de résistants lors de l’occupation française était de s’allier et de connecter les cellules existantes. Cependant, cela est difficile et dangereux. Chaque groupe underground avec une couverture convenable est invisible à d’autres groupes cherchant des alliés (il y a de nombreuses histoires de la fin de la guerre ou des résistants, vivant les uns à côté des autres, ignoraient l’affiliation de leurs voisins). De plus, s’exposer à des alliés potentiels mais non vérifiés est également un risque en soi.

Un réseau underground paraissant bien plus plausible dans ce scénario serait composé d’organisations de différentes tailles, de quelques réseaux larges avec de nombreuses cellules autonomes de taille réduite, qui ne seraient pas directement connectées par des lignes de commande. Il y aurait des connections plus indirectes ou utilisant des intermédiaires, mais ces méthodes ne se révèlent que rarement cohérentes ou assez sûres pour permettre des actions coordonnées et rapides.

Attaques multiples par la guérilla

Les cellules individuelles n’ont que rarement les ressources en terme de nombre et de logistique pour engager des actions multiples et simultanées dans différents endroits. Ce travail est celui des groupes paramilitaires, avec des cellules existantes dans de multiples endroits, qui suivent des commandes centralisées et qui ont la discipline nécessaire pour mettre hors service des réseaux. Cependant, les cellules autonomes sont prêtes à engager des actions opportunistes ayant identifiées au préalable des cibles locales et tactiques appropriées. Lorsque une action à grande échelle et simultanée est lancée (provoquant par exemple, un blackout), les cellules autonomes profite de l’opportunité pour mener leurs propres actions, en l’espace de quelques heures. De cette manière, ces cellules isolées engagent des attaques simultanées, maximisant ainsi leur efficacité. Bien sûr, si des groupes décentralisés mettent en scène des attaques afin d’appeler à une mobilisation pour déclencher des actions de résistance, les médias stopperont de diffuser ces informations afin d’éviter un effet boule de neige. Par conséquent, une telle approche a ses limites, bien que des effets à grande échelle comme des blackouts nationaux ne pourront pas être ignorés (et dans la perturbation de systèmes, l’important n’est pas ce qui a causé le blackout en premier lieu, c'est que cela donne une opportunité pour mener d’autres actions).

Analyse de la stratégie

Seconde Guerre Mondiale vs Guerre Décisive Ecologique

Lorsque l’on passe en revue certains conflits ou guerres de notre histoire, on a le privilège de pouvoir y identifier les erreurs et les facteurs de succès. De cette manière, on peut juger certaines décisions stratégiques qui ont été faites durant la Seconde Guerre Mondiale, par exemple, ou les actions de ceux qui ont essayés (ou pas) de s’opposer aux holocaustes historiques. Peut-être qu’il pourrait être bénéfique de s’imaginer certains historiens dans un futur distant – supposant que l’humanité survive – analysant le futur alternatif décrit ici. Supposant qu’il fut été un succès, comment analyseront ils ses forces et ses faiblesses?

Pour ces historiens, la phase IV est controversée, et ils savent qu’elle a été controversée parmi les résistants à ce moment. Même les résistants qui étaient en accord avec les actions militantes contre les infrastructures industrielles hésitaient en passant en revue certaines actions pouvant potentiellement impliquer des pertes civiles. Cela est loin d’être une surprise, car les membres de la résistance avaient un respect important pour toute forme de vie. Le problème est, bien sûr, que les membres de ce groupe savaient que s’ils ne réussissaient pas à stopper cette culture consumant la planète, les conséquences civiles seraient bien plus horribles.

Au début de la Seconde Guerre Mondiale, les alliés avaient entre les mains un casse-tête moral, comme le décrit Eric Markusen et David Kopf dans leur livre « L’holocauste et la stratégie de bombardement : Génocide et Guerre Totale au Vingtième Siècle ». Markusen et Kopf ont écrits: « Au début de la Seconde Guerre Mondiale, la politique de bombardement britannique était vigoureusement discriminatoire – même jusqu’à mettre les pilotes britanniques en grand danger. Seuls les cibles militaires, hors de centres de population, étaient attaquées, et les équipes de bombardement étaient contraintes de larguer leurs bombes dans l’eau lorsque les conditions météorologiques ne permettaient par l’identification claire des cibles. Plusieurs facteurs ont été cités pour expliquer cette politique, incluant le désir d’éviter que l’Allemagne ne prennent pour cible des civils au moment où sa flotte aérienne fut supérieure en nombre."[19]

D’autres facteurs étaient une certaine inquiétude concernant le public, des considérations morales d’éviter les victimes civiles, la pratique de la « fausse guerre » (une guerre déclarée à l’Allemagne avec presque aucun combat engagé), et une flotte aérienne réduite qui prend du temps à construire. Les parallèles entre les actions des bombardiers britanniques et les actions des militants gauchistes du Weather Underground jusqu’à l’ELF sont évidents.

Le problème avec la politique britannique était qu'elle n’a tout simplement pas fonctionnée comme il était prévu. L’Allemagne n’a pas montré de telles restrictions morales, et les pilotes britanniques ont pris de plus grands risques pour attaquer des cibles de moindre importance. En Février 1942, la politique de bombardement changea radicalement. De fait, les instructions commencèrent à cibler délibérément les civils et la morale ennemie – particulièrement celle des travailleurs industriels – en détruisant les maisons autour des usines afin d’exproprier ceux-ci. Les stratèges britanniques crurent cela minera la volonté de l’Allemagne à combattre. En fait, certaines attaques sur les civils étaient menées afin de punir la population d'apporter sou soutien à Hitler, et certains stratèges crurent que, après suffisamment de punition, le peuple s’insurgerait et destituerait Hitler pour se sauver. Bien sûr, cela ne fonctionna pas; c’est quasiment jamais le cas.

Cela est un des dilemmes que les membres de la résistance affronteraient dans ce scénario futur alternatif : alors que la résistance s'opposera au lancement d’actions affectant des civils (encore plus que les britanniques au début de la Seconde Guerre Mondiale), il restera clair pour eux que dans une nation industrielle, les « civils » et l’état sont intrinsèquement liés et que n’importe quel impact sur l’un aura un effet sur l’autre.

Les historiens d’aujourd’hui sont convaincus que la réticence des alliés à attaquer avant 1942 a coûtée la vie à plusieurs millions de civils. Leur échec à stopper l’Allemagne assez tôt a engendré un conflit prolongé et sanguinaire inévitable. Le général Alfred Jodi, le chef des opérations des forces armées allemandes a confirmé cette vision durant son procès pour crimes de guerre à Nuremberg : « Si nous ne nous sommes pas effondrés en 1939, c’était seulement dû au fait que durant la campagne polonaise, les 110 divisons françaises et britanniques à l’ouest sont restées complétement inactives face aux 23 divisons allemandes ». [20]

Plusieurs militaires stratégistes avaient avertis à ce moment que des demi-mesures ne seraient pas à la hauteur et que une guerre totale est nécessaire. Dans son livre « Stratégie Générale : Principes et Pratiques », John M.Collins défend que des attaques timides renforce un ennemi résolu, car elles sont une provocation mais ne créent pas de dommages significatifs à la capabilité physique ou morale de l’occupant. « Détruire les résolutions de l’ennemi à résister longtemps est bien plus important que de paralyser ses ressources matérielles… Des études de cause à effet tendent à confirmer qu’une violence courte mais d’une dévastation totale amplifie plutôt que n’entrave la détermination de la victime. » [21]d A garder en considération, que dans ce livre, publié en 1973, Collins sous-estime l’importance des infrastructures technologiques et des attaques directes sur elles. (Il cite quelque part dans le livre que les ordinateurs ne sont que d’utilité mineure. » ."[22])

D’autres stratèges ont mis la priorité sur la destruction matérielle plutôt que sur la « volonté de combattre » de l’adversaire. Robert Anthony Pape discute la problématique du « Bombardement pour Gagner », dans laquelle il analyse l’efficacité du bombardement stratégique de nombreuses guerres. On peut se demander si, dans ce scénario futur alternatif, les résistants suivent l’analyse de Pape du fait qu’ils évaluent les bénéfices de la phase III (actions sélectives contre des réseaux et systèmes particuliers) vs phase IV (tentative de détruire le plus d’infrastructure que possible).

Pape défend explicitement que cibler une économie entière peut être plus efficace que simplement s’attaquer séparément à chaque usine ou infrastructure:

L’interdiction stratégique peut miner les stratégies d’usure, soit en attaquant les fabriques d’armes ou en détruisant entièrement les ressources industrielles, ce qui en retour réduit la production de matériel militaire. Dans les deux cas, attaquer les fabriques d’armes est le moins efficace. Etant donné les capacités de substitution des économies industrielles modernes, la capacité de production de « guerre » est facilement récupérable en l’espace de quelques mois. La production peut être maintenue sur le court terme en s’approvisionnant dans les stocks et à moyen terme en substituant matériaux ou procédés. En plus des ajustements économiques, les états peuvent également faire des ajustements doctrinaux. [23]

L’analyse est poignante, mais elle démontre également que les objectifs de la stratégie de ce scénario alternatif diffère de ceux du bombardement stratégique des conflits historiques. Dans la campagne de bombardement des alliés (et dans les autres guerres où le bombardement stratégique a été utilisé), il était en phase avec les batailles au sol, aériennes et navales. Les stratèges de bombardement avaient comme priorité de détruire les ressources ennemies directement sur les champs de bataille. Celui-ci tout seul n’avait aucune raison d’être, il était mené pour appuyer les forces conventionnelles au combat. En contraste, dans ce scénario alternatif, une chute signifiante de la production industrielle serait en elle-même une grande réussite.

Les historiens futurs hypothétiques pourraient se demander, « Pourquoi ne pas tout simplement s’occuper des pires usines, des pires industries, et laisser le reste de l’économie tranquille ? » Les premières étapes de la Guerre Décisive Ecologique prévoit en effet de cibler des usines ou industries particulières. Cependant, les résistants savaient que l’économie industrielle moderne était minutieusement orchestrée de telle façon que n’importe quelle perturbation limitée en temps de l’économie globale n’aurait aucun effet à long terme.

Cela également a été démontré par certaines tentatives historiques de perturber des systèmes économiques. Pape continue, « Même lorsque la production d’un système clé d’une arme est entravée, des ajustements tactiques et opérationnels permettront une substitution de ce système rapidement. De ce fait, les efforts réalisés ciblant les composés critiques de la production des armes de l’ennemi ne mènent en général à rien. » Par exemple, Pape explique, les alliés menèrent une campagne de bombardement ciblant les usines produisant les moteurs d’avions allemands mais cela, contrairement à ce qu'ils croyaient, n’était pas un facteur décisif pour la domination de l’espace aérien. Les alliés réussirent à vaincre la force aérienne allemande car ils ont décimés la plupart des bons pilotes allemands.

Un autre exemple de compensation fut quand les alliés détruisirent les usines allemandes de roulements à bille. L.es alliés ont pu ainsi réduire la production allemande de roulements à bille de près de 70 pourcents. Mais cela n’a pas entraîné une baisse des forces motorisées des allemands. Les allemands compensèrent ceci en partie en désignant des nouveaux équipements nécessitant moins de roulements à bille. Ils augmentèrent également leur production d’armes antitanks. Au début de la guerre, l’Allemagne pu compenser la destruction de ses usines car de nombreuses d’entre elles ne fonctionnaient qu’avec un shift. Ils n’utilisaient pas leur capacité industrielle au maximum. En passant à deux ou trois shifts, ils purent (temporairement) maintenir leur production.

Par conséquent, Pape défend que les économies de guerre n’ont pas vraiment de seuil d’effondrement lorsqu’elles doivent faire face à des attaques démultipliées, car elles peuvent s’ajuster stratégiquement pour diminuer l’approvisionnement. « Les guerres économiques modernes ne sont pas justifiées. Bien que certaines usines clés peuvent être détruites, l’adversaire pourra réduire les effets en dispersant sa production de systèmes importants et en faisant des réserves de matière première et de machines. Les attaquants n’anticipent jamais les ajustements et contournements que les défenseurs peuvent opérer, en partie parce qu’ils s’appuient sur une analyse des économies en temps de paix et également parce que la connaissance détaillée des structures économiques ciblées est toujours incomplète ». .[24] Ceci est une précaution valable à prendre pour éviter une assurance démesurée, mais les résistants dans ce scénario savent que cet argument n’est pas applicable dans toute sa mesure à leur situation, d’une part pour les raisons dont nous avons discutés précédemment et d’autre part pour les raisons qui s’en suivent.

Les stratèges militaires étudiant les perturbations économiques et industrielles se préoccupent en général particulièrement de la production de matériel de guerre et sa distribution aux forces armées ennemies. Les économies de guerres modernes sont des économies de guerre totale au sein desquelles la société entière est mobilisée et engagée à supporter la guerre. De ce fait, les leaders militaires peuvent encaisser des perturbations importantes; ils récupèrent du matériel et des rations à usage civil, enrôlent des individus civils ou utilisent les infrastructures civiles à leur gré pour des raisons militaires. Cela ne veut pas dire que la production reste constante dans sa globalité (loin de là) mais simplement que la production à destination des militaires ne baisse pas autant que prévue après une attaque.

Les résistants dans ce scénario ont une approche différente des mesures de compensation que les stratèges militaires. Pour comprendre le contraste, imaginez qu’un stratège militaire et un militant écologique veulent tous les deux faire exploser un pipeline qui approvisionne un site industriel majeur. Supposons que le pipeline est détruit et que l’approvisionnement à l’industrie est drastiquement coupé. Supposons que la zone industrielle mène un certain nombre de mesures classiques de compensation – conservation, recyclage, mesures d’efficacité etc. Supposons qu’ils réussissent à garder leur production constante, d’isolants thermiques, de réfrigérateurs, de vêtements, ou quoi que ce soit qu’ils fassent, en diminuant leur effectifs et utilisant moins de carburant. Ils augmentent également la durée de vie de leurs réfrigérateurs ou de leurs vêtements existants en les réparant. Du point de vue du stratège militaire, cette attaque aura été un échec – elle a eu un effet négligeable sur la disponibilité du matériel à usage militaire. Mais de la perspective du militant écologiste, c’est une victoire. Les dommages causés à l’environnement sont réduits, et les effets négatifs sur les civils sont quasi nuls. (Certains effets sont même directement bénéfiques.)

Les économies modernes sont en général fragiles. Les économies militaires mobilisent des ressources et des moyens de production par tous les moyens, même si cela veut dire imprimer de l’argent ou commander des usines. Elles sont des économies de besoins immédiats et nécessaires à leur survie, alors qu’en contraste, les économies industrielles sont économies de luxe. Elles produisent pour la plupart du temps des choses dont les gens n’ont pas vraiment besoin. Le capitalisme industriel prospère en fabriquant du désir autant qu’en fabriquant des produits, en vendant aux gens des conneries plastifiées prêtes-à-jeter, des voitures extra, et des cochonneries à manger. Lorsque les économies capitalistes passent au travers d’un mauvais moment, comme elles l’ont faites au travers de la Grande Dépression, ou comme en Argentine il y a une décennie, ou comme ça a été le cas dans de nombreux endroits à différents moments de l’histoire, les gens se retranchent dans le nécessaire, rouvrant la voie au troc et réseaux d’aide mutuelle. Ils se réorganisent en communautés et économies de ménage, des économies de nécessité qui sont bien plus robustes que le capitalisme industriel, et même bien plus robustes que les économies de guerre.

Néanmoins, Pape marque un point important lorsqu’il défend que « L’interdiction stratégique est plus effective lorsque les attaques sont contre l’économie dans sa globalité. Le plan d’action le plus efficace est de détruire le réseau de transport qui amène les matériaux primaires et les produits primaires aux centres de production qui redistribuent souvent les sous-composants à de nombreuses industries. Attaquer le réseau national de transport d’électricité n’est pas efficace car les usines ont toujours leur propre système de back-up. Attaquer des raffineries nationales de pétrole pour réduire la capacité de back-up au fuel des usines est une approche généralement ignorant la flexibilité des états à réduire la consommation nationale au travers de mesures de conservation, rationnement et redistribution. » L’analyse de Pape est pertinente, mais il est important de comprendre la différence entre hypothèses et objectifs, et entre les hypothèses et les objectifs de la Guerre Décisive Ecologique.

Les résistants dans le scénario de la GED ont le but de réduire la consommation et de réduire l’activité industrielle. Entre d’autres mots, cela n’est donc d’aucune importance pour eux que certaines usines aient des générateurs de secours ou que les états prennent des mesures de conservation et de rationnement. Ils pensent que c’est une victoire écologique poignante de forcer les usines à conduire leurs activités tout en réduisant leur consommation d’énergie ou de déclencher une stratégie nationale de conservation du pétrole. Ils se souviennent que tout au long de l’histoire, les mouvements environnementaux classiques n’ont jamais réussis à réduire la consommation grandissante des carburants fossiles. Ce serait de fait une première. [25]

Peu importe si nous discutons de situations complètement hypothétiques et futures ou du monde réel d’aujourd’hui, le pic pétrolier aura un effet relativement important sur les différents réseaux de transport. Dans certains endroits, l’importance des importations va augmenter du fait de la pénurie locale de pétrole. Dans d’autres, le ralentissement du commerce international et de l’activité économique fera perdre de l’importance aux activités d'import-export. Les systèmes autoroutiers seront laissés à l’abandon à cause de l’augmentation du prix du pétrole et de la baisse du commerce. Ce trafic réduit libérera les autoroutes qui seront moins vulnérables à quelconque perturbation. Le trafic ferroviaire – une forme de transport consommant relativement peu d’énergie – prendra probablement de l’importance. Bien que, dans plusieurs endroits sur cette planète, de nombreux chemins de fer ont été démantelés au cours de ces dernières décennies et que les lignes restantes sont aujourd’hui surbookées et proches de leur capacité d'accueil maximale.

De retour à notre scénario futur alternatif: Dans la plupart des cas, les réseaux de transport ne sont pas les meilleure cibles. Le transport routier (qui représente aujourd'hui de loin le moyen le plus utilisé au niveau mondial) autorise de nombreuses alternatives. Même dans les zones rurales, les routes forment un réseau vaste et bien qu'elles soient bien plus lente à prendre que les autoroutes, elles permettent de nombreuses solutions de détours.

Par contre, cibler les réseaux de transport d’énergie reste une de leur priorité car la mise hors service de certaines lignes aurait un impact bénéfique bien plus intéressant. Plusieurs réseaux électriques sont déjà opérés proches de leur capacité maximale, et ils coûtent chers à étendre. Ils deviendront de plus en plus importants, comme le pétrole, facilement transportable, sera remplacé progressivement par des formes d’énergie moins facilement transportable, comme l’électricité générée par le charbon et le nucléaire, et minoritairement également par l’éolien et le solaire. Cela veut dire que les réseaux de transport d’électricité achemineront autant ou plus d’énergie que maintenant, et sûrement un pourcentage plus large de toute l’énergie consommée. De plus, les militants savent, dans ce scénario, que les réseaux électriques ne s'appuient que sur un nombre limité de tronçons continentaux, très vulnérables à de potentielles attaques.

Tactiques utilisant les "technologies appropriées"

Il y a un dernier argument décisif que les résistants de ce scénario intègrent à leurs actions contre l’économie dans sa globalité (plutôt que d’engager des actions partielles ou timide) : l’élément de surprise. Ils reconnaissent que le sabotage sporadique sacrifierait l’élément de surprise et permettrait à l’ennemi de se rassembler et de s’organiser pour contrer les prochaines actions. Ils reconnaissent que dans certains cas, ces méthodes d’organisation sont désirables par la résistance (par exemple, une stratégie de conservation de l’énergie) et dans d’autres situations indésirables (par exemple, le déploiement d’équipes de reconnaissance rapide, la surveillance aérienne par drones, la mise en place de lois martiales, etc.). Les résistants savent qu’ils pouvent compenser l’exposition de certaines de leurs tactiques en menant une série d’opérations surprise décisives au sein d’un conflit progressiste de plus grande ampleur.

D’autre part, dans ce scénario, les résistants comprennent que la GED dépend de tactiques relativement simples basées sur les « technologies appropriées » (aboveground et underground), également que cela dépend de groupes réduits, que c'est plus simple plutôt que complexe et qu'il n’y a pas beaucoup d’informations tactiques secrètes à protéger. De fait, des actions fortes avec des tactiques directes sont bénéfiques à leur mouvement de résistance. L’analyste John Robb a approfondi cet argument en étudiant les insurrections prenant place dans des pays comme l’Iraq. La plupart des tactiques des insurgés ne sont pas très complexes. Les groupes de résistance apprennent continuellement des exemples, des succès et des échecs des autres groupes d’insurgés. Des cellules décentralisées peuvent constater et analyser les succès des autres avec lesquelles elles n’ont de contacts directs, et car les tactiques restent assez simples, elles peuvent facilement calquer celles qui marchent et les adapter à leurs propres ressources et circonstances. De cette manière, les nouveaux groupes s’approprient les tactiques pertinentes avec un minimum de communication underground.

Les futurs historiens hypothétiques étudiant rétrospectivement ce scénario trouveront probablement un autre défaut de la GED : que sa mise en œuvre impliquait un nombre trop important de gens dans des tactiques risquées, et que les organisations de résistance manquaient de ressources humaines et logistiques nécessaires à un conflit prolongé. C’est un argument valable, et qui sera adressé pro-activement en développant assez tôt des réseaux de support. Bien sûr, d’autres stratégies suggérées – comme un mouvement de masse de n’importe quel type – ont besoin de beaucoup de plus de gens et de réseaux de support engagés dans la résistance. Beaucoup de réseaux underground opérent avec un budget limité, et bien qu’ils aient besoin d’équipement spécialisé, leurs ressources sont très limitées comparées à celles nécessaires aux mouvements de masse.

Checklist des critères stratégiques

Poussant ce scénario un petit peu plus loin, les historiens se demanderaient: Comment se positionne la Guerre Décisive Ecologique par rapport aux critères stratégiques définis à la fin de l’Introduction à la Stratégie (Chapitre 12, page 385 du Deep Green Resistance book).

Objectif

Cette stratégie a un objectif clair, bien défini et atteignable.

Faisabilité

Cette stratégie a une ligne claire dans le contexte du moment et pour atteindre l’objectif désiré, ainsi que des alternatives pour gérer les contretemps et les défaites. Beaucoup ont la certitude que cette dite stratégie est la plus cohérente et faisable de toutes celles qu’on leur avait proposées jusqu'à maintenant pour gérer ces problèmes.

Limitations en termes de ressources

Combien de personnes a-t-on besoin pour un mouvement de résistance sérieux et gagnant? Existe-il un nombre idéal tiré des mouvements de résistance et des groupes d’insurgés historiques de tout type?

  • The French Resistance

    Succès indéterminé. Comme décrit dans le chapitre “Psychologie de la Résistance” : La Résistance Française comprenait à peu près 1 pourcent de la population adulte, en d’autre mots environ 200 000 personnes .[26] Le gouvernement français d’après-guerre reconnut officiellement 220 000 personnes[27] (Un autre historien estime que le nombre de résistants actifs aurait pu s’élever jusqu’à 400 000[28]). En plus des résistants actifs, il y aurait eu apparemment 300 000 personnes supplémentaires ayant eu une implication substantielle.[29] Si l’on inclut tous les gens qui prenaient le risque de lire les journaux des résistants, le nombre des sympathisants s’élève à 10 pourcent de la population adulte, c’est-à-dire deux millions. [30] La population totale en France en 1940 était de quarante-deux millions d’habitants, les résistants reconnus représentaient donc une personne sur 200.

  • The Irish Republican Army

    Succès. A l’apogée de la résistance irlandaise aux lois britanniques, pendant la Guerre d’Indépendance d’Irlande (qui s’était construite sur une culture de résistance vieille de 700 ans), l’ARI comprenait environ 100 000 membres (juste un peu plus de 2 pourcents d’une population de 4,5 millions), dont 15 000 qui participèrent à la guerre, et 3 000 qui étaient combattants à plein temps. Les militants les plus critiques et décisifs étaient les « Douze Disciples », un nombre réduit de personnes qui influencèrent directement le cours de la guerre. La population de l’Angleterre occupée à ce moment s’élevait à 25 millions, avec 7,5 millions additionnels de l’Ecosse et du Pays de Galles. Les membres de l’ARI comprenaient un irlandais sur 40, et une personne sur 365 en considérant tout le Royaume-Uni. Les Douze Disciples de Collins étaient un irlandais sur 300 000. [31]

  • The antioccupation Iraqi insurgency

    Succès indéterminé. Combien d’insurgés opèrent en Iraq? Les estimations varient et sont souvent motivées politiquement, ou bien pour faire paraître l’occupation comme un succès ou bien pour justifier de nouvelles actions militaires. L’armée des Etats-Unis estima en 2006 une fourchette allant de 8000 à 20 000 personnes. .[32] Les estimations des renseignements iraquiens sont plus hautes. La population totale est de 31 millions, et la superficie du pays de 438 000 km². S’il y avait 20 000 insurgés, cela voudrait dire qu’il y aurait un insurgé pour chaque 1550 personnes.

  • The African National Congress

    Succès. Combien de membres du CNA il y avait-il? En 1979, l’ « underground politique formel » se situait entre 300 et 500 individus, la plupart dans les grands centres urbains.[33] La population de l’Afrique du Sud comptait officiellement de 28 millions d’habitants à ce moment, mais les données de recensement ne sont que peu fiables à cause de la non-coopération qui régnait. Cela voudrait dire que le nombre des membres du CNA en 1979 aurait été d’une personne sur 56 000.

  • The Weather Underground

    Echec. Plusieurs centaines initialement, progressivement en baisse avec le temps. En 1970, la population des Etats-Unis s'élevait à 179 millions, ils étaient littéralement un pour un million.

  • The Black Panthers

    Succès indéterminé. Leur pic fut vers la fin des années 1960 avec plus de 2000 membres de différentes villes. [34] Cela fait environ un pour 100 000.

  • North Vietnamese Communist alliance during Second Indochina War

    Succès. Une force d’environ un demi-million en 1968, contre 1,2 millions d’ anti-communistes. Un chiffre estime le nombre de soldats de l’armée Vietcong en 1964 à 1 million. .[35] Il est difficile d’obtenir un chiffre clair sur le total de combattants et non-combattants à cause du support logistique étendu dans de nombreuses zones. La population du Vietnam vers la fin des années 1960 était de 40 millions (Nord et Sud), donc en 1968, un vietnamien sur huit combattait pour les communistes.

  • Spanish Revolutionaries in the Spanish Civil War

    En même temps succès et échec. La Confédération Nationale des Travailleurs (CNT) en Espagne comptait 3 millions de membre à son apogée. Une force majeure au sein du CNT était incarnée par les anarchistes FAI, une alliance de groupes militants d’affinité. La Fédération des Anarchistes Ibériens (FAI) comptait entre 5 000 et 30 000 membres juste avant la révolution, un nombre qui augmenta drastiquement aux prémices de la Guerre. La CNT et la FAI ont réussies à engendrer une révolution dans une partie de l’Espagne, mais elles ont plus tard été vaincues au niveau national par les Fascistes. La population espagnole était de 26 millions. Un espagnol sur neuf faisait partie de la CNT, et (considérant le chiffre précédent) un espagnol sur 870 était membre de la FAI.

  • Poll tax resistance against Margaret Thatcher circa 1990

    Succès. Environ 14 millions de personnes furent mobilisées. Au sein d’une population de 57 millions, cela représente une personne sur 4 (bien que la plupart des gens participèrent simplement en refusant de payer une nouvelle taxe).

  • British suffragists

    Succès. Il est difficile de trouver un nombre absolu pour tous les suffragistes. Cependant, il y avait environ 600 sociétés de suffrage féminines non-militantes. Il y avait également des militantes, qui pour mille d’entre elles se retrouvèrent en prison. Les militantes firent exploser en nombre les groupes de suffrage – même les non-militants. En se basant sur la population britannique à ce moment, les militantes furent une sur 15 000 femmes, et il y avait une société de suffrage non-militante pour chaque 25 000 femmes. [36]

  • Sobibor uprising

    Succès. Moins d’une douzaine d’organisateurs et de conspirateurs. La plupart des prisonniers s’échappèrent du camp et le camp fut fermé. A ce moment, environ 250 000 personnes avait été exécutées sur ce camp. Les organisateurs principaux représentèrent environ une personne sur 60 sur la totalité de prisonniers juifs à ce moment, et environ une personne sur 25 000 qui y ont été exécutées.

 

Il est clair qu’un groupe réduit de personnes intelligentes, dédiées et courageuses peut être extrêmement efficace, même si leur nombre est de un contre 1000, un contre 10 000, ou même un contre 100 000. Mais ils sont efficaces principalement grâce à leur capacité à mobiliser des forces plus importantes, que ces forces soient des mouvements sociaux (comme des campagnes de non-coopération comme pour l’impôt forfaitaire de Thatcher) ou des engorgements industriels.

De plus, il est clair que si le cœur du groupe peut être maintenu, cela lui permet de potentiellement s’élargir et d’en sortir vainqueur.

Tout cela dit, les historiens futurs discutant ce scénario commenteront que la GED a été conçue pour faire le maximum avec des ressources limitées, plutôt que d’imaginer qu’un nombre important de personnes se matérialiseront au bon moment pour les actions prévues. Si plus de gens auraient été disponibles, la stratégie aurait été d’autant plus efficace. De plus, ils pourraient commenter que cette stratégie essaya de mobiliser des gens ayant des expériences très différentes d’une manière qui leur paraissant possible; elle ne s’appuyait pas seulement sur la militance (ce qui aurait exclu beaucoup de personnes) ou sur des approches symboliques (ce qui aurait provoqué un certain cynisme au travers de l’échec).

Tactiques

Les tactiques requises par la GED sont relativement simples et accessibles, et beaucoup d’entre elles comportent un risque faible. Elles sont appropriées à l’ampleur et au sérieux de l’objectif et du problème. Avant le début de la GED, les tactiques requises ne seront pas appliquées à cause d’un manque de stratégie générale et d’organisation appropriée, au niveau aboveground et underground.

Cependant, cette stratégie et cette organisation ne sont pas techniquement difficiles à mettre en œuvre – les obstacles principaux sont idéologiques.

Risque

En évaluant le risque, les membres de la résistance et les futurs historiens considéreraient les risques de l’action et les risques de l’inaction : les risques de mettre en œuvre une stratégie donnée et les risques de ne rien faire. Dans leur cas, l’échec à mener une stratégie effective (ou un échec à tout simplement agir) pourrait conduire à une planète détruite, à la perte de plusieurs siècles d’efforts pour une justice sociale et à la mort de milliards d’humains et de non-humains. Il y a des risques substantiels liés à la prise d’actions effectives, des risques qui pousseront la plupart de gens à se ranger du côté des actions symboliques plus sûres, mais les risques de l’inaction sont bien plus importants et permanents.

Timing

Proprement mise en œuvre, la Guerre Décisive Ecologique peut accomplir son objectif dans un temps raisonnable et suivant un enchaînement approprié. Durant la GED, les actions décisives pourront être accélérées rapidement car elles seront appuyées par une infrastructure les supportant. Le point exact de non-retour des catastrophes écologiques n’est pas clair, mais s’il y a des historiens ou n’importe qui d’autre vivant dans le futur, ils constateront que la GED et d’autres mesures ont été capables d’empêcher le changement climatique d’atteindre ce niveau. La plupart des autres mesures proposées n’avait même pas cet objectif en ligne de mire.

Simplicité et Pertinence

Bien qu’un bon niveau de connaissances est nécessaire pour mener à bien cette stratégie, sa ligne est très simple et cohérente. Elle est assez robuste pour gérer les événements imprévus, et elle peut être expliquée d’une manière claire et simple sans utiliser de jargon. Cette stratégie reste également assez adaptable pour être employée dans de nombreux contextes différents.

Conséquences

L’action et l’inaction toutes les deux ont des conséquences sérieuses. Un effondrement grave – qui pourrait impliquer des souffrances humaines à grande échelle – fait peur à tout le monde. Les résistants dans ce scénario alternatif ont la conviction qu’un futur terrible est évitable, et qu’ils peuvent engendrer de réels changements sur leur avenir.

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Les Quatre Phases de la GED
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Notes

  1. Même l’armée des Etats-Unis reconnaît cela. Voir Macalister, « L’armée des Etats-Unis avertit que la disponibilité du pétrole pourrait chuter d’ici 2015, causant de graves pénuries ».

  2. Aric et Derrick explorent les relations entre l’effondrement, la capacité d’accueil, le racisme et les Nazis dans les derniers chapitres de Ce en quoi nous croyons.

  3. Peu après que ceci fut écrit, le gouvernement espagnol annula 24 milliards d’investissement dans le solaire par peur de s’embarquer dans une crise nationale générée par cet endettement et qui pourrait mettre en danger leur économie.

  4. Voir le livre de Kevin Bales Individu prêt-à-jeter: Nouveau Type d'Escalavge dans l'Economie Mondiale.

  5. Voir l’Union Internationale des Organisations de Recherche Forestière, “Adaptation des Forêts et des Gens au Changement Climatique. » Egalement, la conversion des forêts en sources d’émissions de carbone à cause du réchauffement climatique, les maladies, la déforestation, et les feux sont déjà en cours (Kurz et al., "Mountain Pine Beetle").

  6. Science Daily. "Une Guerre Nucléaire Régionale Pourrait Dévaster le Climat Mondial."

  7. Science Daily. "Un Conflit Nucléaire Régional Détruirait la Quasi-Totalité de la Couche d'Ozone."

  8. Les bombes au cobalt sont des bombes nucléaires avec un enrobage de cobalt. Elles étaient les « appareils du jour du jugement dernier » dans le film Dr. Strangelove. Les retombées radioactives provoquées par une bombe nucléaire classique durent quelques jours, mais les retombées d’une bombe au cobalt durent plus de 5 ans. Certains experts affirment que les bombes au cobalt pourraient littéralement détruire toute forme de vie sur la Terre.

  9. Novacek et al. "L'Extinction Actuelle de la Biodiversité."

  10. Voir Lovelock, The Ages of Gaia: A Biography of Our Living Earth.

  11. Des échantillons prélevés au fond de l’océan arctique montrent, qu’il y a 55 millions d’années, cette région était tropicale à cause d’un pic atmosphérique de CO2. A la place de l’océan d’aujourd’hui, il y avait un mix de marécages et de denses forêts de séquoias et cyprès, avec des « moustiques de la taille de votre tête ». La température annuelle moyenne était de 23°C (74°F). Etant donné que les régions au nord du Cercle Arctique ont 24 heures de soleil durant la plupart de l’été et 24 heures de nuit durant la plupart de l’hiver, cette moyenne devait être associée à des températures remarquablement extrêmes. La planète était selon nos standards, inhabitée. L’expansion des fougères, supportant bien la chaleur, aurait éventuellement séquestré le carbone et ramené notre planète à des températures plus fraîches, mais cela aurait pris presque un million d’années. Voir Presse Associée, « Cercle Arctique – Ancienne Zone Tropicale? »

  12. Service du Congrès de Recherche, "L'utilisation de l'Energie pour l'Agriculture: Background et problématiques."

  13. Administration d'information pour l'Energie. "Revue Annuelle de l'AIE 2008," p. 3.

  14. Souvenez-vous que même maintenant, avec de nombreux logements vacants et des surplus de nourriture excessifs, il y a des dizaines de millions de réfugiés sur plusieurs endroits de cette planète (sans compter ceux ont été déracines de leur terres ancestrales et relocalisés dans des bidonvilles urbains).

  15. Ceci est la croissance nette de la population, le nombre de naissances journalières moins de le nombre de morts journalières.

  16. Par exemple, Joseph Tainter écrit que « la société s’est effondrée lorsqu’elle a vécu une perte rapide et signifiante de son niveau établit de complexité socio-politique. »

  17. A nouveau, ce critère est basé sur les arguments de Tainter.

  18. Extrait d'un discours de Dimitry Orlov (en anglais), "Effondrement social: Meilleures Pratiques" donné à San Francisco le 13 Février 2009, en ligne sur http://cluborlov.blogspot.com/2009/02/social-collapse-best-practices.html

  19. Markusen, L'holocauste et le Bombardement Stratégique, p. 152.

  20. La transcription du procès est une affaire qui doit être rendue publique. Voir « Les Procédures du Procès des Criminels de Guerre Majeurs avant le Tribunal International de Guerre de Nuremberg » vol. 15, p 350, at http://www.loc.gov/rr/frd/Military_Law/NT_major-war-criminals.html

  21. Collins, Grand Strategy, p. 214.

  22. Ibid., p. 230.

  23. Pape, Bombing to Win, pp. 77-78.

  24. Ibid., p. 317.

  25. Pape discute de comment sa stratégie préférée de perturbations des transports pourrait jouer un rôle dans différentes circonstances. « Contre une économie exceptionnellement dépendante de ses importations, » il écrit, « comme le Japon pendant la Seconde Guerre Mondiale, la meilleure solution de mettre hors service le système de transport était de bloquer les routes maritimes, utilisant la force aérienne, moins pour le bombardement en lui-même, mais plus pour attaquer et couler les bateaux. Si les importations peuvent être complétement interrompues, l’économie ciblée s’écroulera lorsque les stocks domestiques seront épuisés ; le marine marchande japonaise fut quasiment entièrement détruite fin 1944, menant à l’effondrement de la production de guerre mi-1945. « Même la seule augmentation des coûts d’importation aurait un effet bénéfique. Les pirates somaliens font en ce moment un très bon travail pour augmenter les coûts des envois internationaux, en provoquant directement ou indirectement délais, rançons, coûts d’assurance élevés, et dépenses militaires pour l’escorte des bateaux. Jusqu’à maintenant, la piraterie off-shore de la Somalie n’a même pas besoin de levée de fonds – c’est une activité suffisamment lucrative en elle même.
    Réciproquement, Pape écrit : « Contre une économie relativement riche en ressources, comme l’Europe contrôlée par les nazis, l’interdiction stratégique doit stopper le flux commercial s’appuyant sur les chemins de fer domestiques, autoroutes et canaux en détruisant les points clés (ponts, écluses, aiguillages) du trafic routier, ferroviaire et maritime. Cette mission est difficile car les systèmes de transport commerciaux sont variés, possèdent de nombreuses alternatives et sont rarement utilisés à capacité maximale. Par conséquent, les Etats-Unis ne pouvaient pas faire s’effondrer l’économie allemande rapidement, même sachant que leurs forces aériennes étaient largement supérieures.

  26. Laffont, Dictionnaire historique, p. 399. Ce nombre est avancé par François Marcot, professeur d’histoire à La Sorbonne.

  27. Collins Weitz, Sisters in the Resistance, p. 10.

  28. Paxton, Vichy France, p. 294.

  29. A nouveau, d'après François Marcot.

  30. Paxton, Vichy France, p 294.

  31. Jefferies. "La population du Royaume-Uni."

  32. BBC News. "Guide: Groupes armés d'Iraq."

  33. Barrell, "Conscripts to Their Age," p. 495. Interview with Mac Maharaj, IV/Maharaj.

  34. Britannica, http://www.britannica.com/EBchecked/topic/68134/Black-Panther-Party

  35. Demma. "L'armée des Etats-Unis." chapitre 28.

  36. Ces chiffres très approximatifs sont basés sur les écrits de Mackenzie, Epaules contre Epaules.

Note: Bien que le mouvement de résistance aura différentes phases et étapes, l'organisation Deep Green Resistance fut, est, et sera toujours engagée à seulement exercer des activités aboveground.

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Scénarii d'effondrement "A ce point de l'histoire, il n'y a pas de bons résultats à court terme pour la société humaine mondiale. Certains sont meilleurs et d'autres pires, et à long terme certains sont vraiment bons, mais pour le court terme, nous sommes dans une impasse. Je ne vais pas vous mentir, il est trop tard pour designer des coupables. Le seul chemin pour obtenir les meilleurs résultats est de nous confronter à notre situation désastreuse, et ne pas se laisser distraire par de faux espoirs."

Scénarii d'effondrement Aucune Résistance "Les pauvres verront leur condition empirer. Des millions de réfugiés créés par l'effondrement énergetique et économique se mettront à bouger, mais personne ne voudra d'eux. Les personnes désespérées seront les seules candidates pour le travail manuel dangereux et sale nécessaire pour maintenir la production industrielle une fois que l'alimentation en énergie diminue. Par conséquent, les personnes au pouvoir considèreront les communautés autonomes et autosuffisantes comme une menace pour leur alimentation en main d'oeuvre, et donc chercheront à les supprimer ou les détruire."

Scénarii d'effondrement Aucune Résistance "Les gouvernements autoritaires- ceux qui continueront d'exploiter impitoyablement les gens et les ressources sans regarder les conséquences- auront plus d'influence et plus de force, et ils prendront les ressources chez leurs voisins et les Etats plus faibles comme ils le souhaitent. Il n'y aura personne pour les arrêter. Ca n'aura aucune importance que vous soyez le plus durable des éco-villages sur Terre si vous vivez à coté d'un Etat fasciste ayant un appetit sans fin de ressource."

Scénarii d'effondrement Aucune Résistance "Comme l'intense changement climatique prend le contrôle, l'assainissement écologique par une polyculture vivace, et une reforestation deviendront impossibles. La chaleur et la sécheresse vont transformer les forets en emetteurs radicaux de carbone, tandis que les forets du nord meurent de la chaleur, les animaux nuisibles, et les maladies, et ensuite brûleront a l'échelle du continent qui feront passer les incendies du début du XXIeme siècle pour des dégats mineurs. Même les pâturages intactes ne surviveront pas aux températures extrêmes car le carbone va littéralement prendre consistance physique sur les sols restants de l'agriculture."

Scénarii d'effondrement Aucune Résistance "Le réchauffement global continuera de s'aggraver bien après que les combustibles fossiles soient épuisées. Pour la planète, le temps de récupération écologique est mesurée en dizaines de millions d'années, et encore. Un évenement de réchauffement majeur pourrait pousser la planete dans un équilibre nouveau, plus chaud que l'actuel. Les grandes plantes et animaux pourraient seulement survivre près des pôles. La planete entière pourrait devenir invivable pour ces plantes et animaux, avec un climat plus proche de Venus que de la Terre."

Scénarii d'effondrement Résistance limitée "Des attaques chirurgicales sur l'infrastructure énergetique limitent de nouvelles extractions de combustibles fossiles (en se concentrant sur les plus mauvaises pratiques comme les sables bitumeux ou l'ablation des sommets de montagnes (mine à déplacement de sommet)). Certaines attaques seraient menées par des groupes de résistants existants (comme le MEND) et d'autres par de nouveaux groupes. L'aggravation de la pénurie de pétrole fera que les attaques des oléoducs et gazoducs et de l'infrastructure deviendront plus populaires, avec des militants de tout bords. Ces groupes militants s'organiseront, s'entraineront et apprendront. Ces attaques ne seront pas symboliques."

Scénarii d'effondrement Résistance limitée "Ces attaques [sur l'infrastructure énegétique] ne seront pas symboliques. Elles seraient surtout constituées de formes de sabotages. Elles viseront à couper la consommation de combustibles fossiles de 30% dès les premières années. Il y aura des attaques similaires sur l'infrastructure énergetique comme les lignes de transmission d'énergie. Cela mettera en branle un processus de décentralisation politique et de l'infrastructure."

Scénarii d'effondrement Résistance limitée "Dans certaines zones, des banlieues de plus en plus abondonnées (invivables sans un gaz pas cher) seront reprises, et les maisons vides deviendront des fermes, des centres communautaires, des cliniques, ou seront simplement démontées et récupérées pour les materiaux. Les garages deviendront des granges- la plupart des personnes ne pourront pas se permettre de s'offrir de l'essence de toute façon- et les moutons brouteront dans les parcs. Beaucoup de routes seront cassées et remplacées par des champs et des fôrets."

Scénarii d'effondrement Résistance limitée "Les attaques sur l'infrastructure énegetique deviendront plus communes quand l'approvisionnement en pétrole diminuera, et accentueront la chute énergétique. Cela inversera la tendance à la croissance de la population, amenant un pic de population mondial précoce et à un moindre niveau que dans le scénario "sans résistance". Parce qu'un éffondrement brutal arrivera plus tôt que prévu, il y aura plus de terres intactes par personne dans le monde, et plus de personnes sauront encore comment faire de l'agricultire de subsistance."

Scénarii d'effondrement Raisonnement militant dans les attaques d'infrastructure imminentes "Les humains ne vont rien faire à temps pour eviter la destruction massive de la planete. Les gens pauvres sont trop préoccupés pas les urgences primaires, les riches béneficient d'un status-quo, et la classe moyenne est trop obsédée par ses propre droits et le spectacle de la technologie. Le risque d'emballement du réchauffement climatique est imminent. Une baisse dans la population humaine est inévitable, et moins de personnes mourront si l'effondrement arrive plus tôt."

Scénarii d'effondrement Raisonnement militant dans les attaques d'infrastructure imminentes "Nous sommes en surcharge en tant qu'éspèce. Une partie significative de la population vivante devrait avoir à mourrir avant que nous soyons à nouveau sous la capacité d'accueil, et cette portion accroit. Chaque jour la capacité d'accueil diminue de centaines de milliers d'humains, et chaque jour la population humaine s'accroît de plus de 200.000. Les personnes qui s'ajoutent à cette surcharge chaque jour sont des morts inutiles dont nul n'a besoin. Ils soutiennent que retarder l'éffondrement est en lui même une forme de meutre de masse."

Scénarii d'effondrement Raisonnement militant dans les attaques d'infrastructure imminentes "Les humains ne sont qu'une seule espèce sur des millions. Tuer des millions d'éspèces pour le bénéfice d'une seule est fou, de même que tuer des millions de personnes pour le bénéfice d'une seule personne peut être fou. Et comme l'éffondrement écologique sans entraves tuerait de toute façon les humains, ces espèces en fin de compte seront mortes pour rien, et la planete mettera des millions d'années pour récupérer. L'éffondrement rapide est en fin de compte bon pour les humains car au moins quelque uns survivent."

Scénarii d'effondrement Raisonnement militant dans les attaques d'infrastructure imminentes "Des militants souterrains bien organisés font des attaques coordonées sur l'infrastructure énergetique tout autour du monde. Des militants pourrait faire des actions contre des oléoducs, des lignes d'énergie, et des raffineries, peut être qu'ils utiliseraient des IEMs pour causer des dommages. Aucune tentative ne pourrait être faite pour suivre l'allure des activistes à ciel ouvert. Les attaques devraient être aussi persistantes que les militants pourront les mener. La disponibilité de l'énergie des combustibles fossiles pourrait régresser de 90%. Les emmisions de gas à effet de serre pourraient retomber à zéro."

Scénarii d'effondrement Des attaques iminentes de l'infrastructure "Avec une réduction de 90% des combustibles fossiles, il y aurait encore suffisament pour assister les activités basiques de survie comme cultiver la nourriture, se chauffer, et cuisiner. Les gouvernements pourraient encore tenter un changement rapide des activités de subsistance pour leurs populations, mais les militaires et les plus riches tenteraient d'aspirer les provisions restantes d'énergie. Dans certains endroits, ils réussiraient et la faim généralisée en résulterait. Dans d'autres, les gens refuserait l'autorité de ceux au pouvoir."

Scénarii d'effondrement Des attaques iminentes de l'infrastructure "Dans la plupart des régions, réorganiser une civilisation industrielle à consommation intense d'énergie serait impossible. Même lorque les organisations politiques existantes persistent, la consommation devrait baisser. Ceux au pouvoir seraient incapable de projeter leur force sur de longues distances, limitant leurs activitées sur des régions proches. Des plantations tropicales de biocarburant ne seraient pas envisageables, ni les sables bitumeux ou l'ablation de sommets de montagne pour des mines de charbon. La construction d'une nouvelle infrastructure à grande echelle ne serait simplement pas possible."

Scénarii d'effondrement Des attaques iminentes de l'infrastructure "Bien que la population humaine diminuerait, les choses sembleraient mieux pour pratiquement toutes les autres espèces. Les océans commenceraient à récuperer rapidement, tout comme les espaces sauvages endommagés. Les émissions d'effet de serre ne seront qu'une infime partie de ce qu'elles avaient pû être par le passé, évitant probablement l'emballement du réchauffement climatique. Le retour des forêts et prairies pourrait séquestrer le carbon, aidant de ce fait au maintient d'un climat vivable."

Scénarii d'effondrement Stratégie de Guerre Ecologique Décisive "Beaucoups de mécanismes différents mènent a l'effondrement, ils ne sont pas tous également souhaitables. Certains sont intentionnelement accélérés et encouragés, tandis que d'autres s'écoulent lentement et sont réstreints. Le déclin énergetique par la diminution de la consommation de combustibles fossiles est un mécanisme de l'éffondrement hautement bénéfique pour la planète et les humains, et ce mécanisme est encouragé. Un effondrement écologique par la destruction de l'habitat et la chute de la biodiversité est aussi un mécanisme de l'effondrement, mais il est ralenti ou stoppé chaque fois que c'est possible."

Scénarii d'effondrement Stratégie de Guerre Ecologique Décisive "Chaque aspect négatif de l'effondrement de la civilisation à une tendence réciproque encouragée par le mouvement de résistance. L'effondrement des structures politiques autoritaires à grande echelle permet des structures participatives à petite échelle. L'effondrement du capitalisme industriel mondial permet des systèmes d'échange locaux, et d'aide mutuelle. Un petit nombre de personne "souterraines" abbattent les grandes et mauvaises infrastructures, et un large nombre de personne a ciel ouvert cultivent de bonnes petites structures."

Scénarii d'effondrement Stratégie de Guerre Ecologique Décisive "La guerre populaire prolongée ne s'applique pas; les gens n'auront jamais le nombre de personnes requises pour. Ils font aussi face a differentes sortes d'adversaires, pour lesquelles differentes tactiques sont applicables. Ainsi ils prendront l'idée essentielle de la guerre populaire prolongée et l'appliqueront à leur propre situation- sauver leur planète, faire tomber la civilisation industrielle et la garder à terre. Ils mettront au point une nouvelle stratégie globale basée sur une continuité d'étapes simple qui s'écoulent logiquement l'une aprés l'autre."

Quatre Phases de la GED Mise en relation & Mobilisation "Les résistants s'organisent entre eux dans des réseaux et construisent une culture de résistance pour soutenir ce réseau. Les sympathisants et autres recrues potentielles sont bien informés sur une stratégie et une action de résistance sérieuse. La clef de cette phase est de former les organisations a ciel ouvert et souterraines qui s'occupera d'organiser le recrutement et l'action décisive. La culture de la sécurité et la culture de résistance ne sont pas beaucoup développées à ce point, donc des efforts extraordinaires sont fait pour eviter les erreurs inutiles."

Quatre Phases de la GED Mise en relation & Mobilisation "L'entrainement des activistes est essentiel, particulièrement au travers des actions peu risquées (mais efficaces). Les nouvelles recrues vont devenir les combattants, les responsables et les dirigeants des phases suivantes. Les nouveaux activistes sont initiés à la philosophie de la résistance, et les activistes confirmés se laisse influencer par les nouveaux afin de ne pas tourner mal ou de ne pas prendre de mauvaises habitudes. C'est le moment où le mouvement de résistance s'organise et devient sérieux. Les gens mettent leurs besoins et conflits individuels de coté pour former un mouvement qui peut se battre pour gagner."

Quatre Phases de la GED Mise en relation & Mobilisation "Des personnes isolées se rassemblent pour façonner une vision et une stratégie pour le futur, et pour établir un noyau des futures organisations. La mise en relation se fait avec des organisations qui existent déjà et ont déjà une orientation, mais la plupart des organisations traditionnelles ne sont pas prêtes à adopter des positions militantes. Si possible, elles peuvent être encouragées à prendre des positions plus conformes a l'ampleur des problèmes qu'on a sur les bras."

Quatre Phases de la GED Sabotage & Action Asymétrique "Les résistants peuvent tenter de perturber ou mettre hors d'action des cible particulières sur une base opportuniste. Pour la plupart, les réseaux souterrains n'ont pas encore les capacités nésessaires pour viser des cibles plus larges. Les resistants peuvent viser des cibles particulièrement flagrantes - centrales à charbon ou l'exploitation banquière. A cette phase, la résistance se focalise sur la pratique, sur le fait de sonder les réseaux et la sécurité ennemie, et d'accroître le soutient tout en renforçant l'organisation."

Quatre Phases de la GED Sabotage & Action Asymétrique "Le mouvement de resistance comprend l'importance de l'action décisive. L'accent n'a pas été mis sur l'action directe dans la première et deuxième phase, mais pas parce qu'ils se retiennent. Ils savent que la planète (et l'avenir) ont besoin de leur action, mais comprennent qu'une action stupide et hâtive, ou la création de problèmes auquelles ils ne sont pas encore préparés, n'apporterait rien. Il sagit d'être aussi sérieux, rapide et décisif que possible, mais de bâtir les fondations pour être vraiment efficace."

Quatre Phases de la GED Sabotage & Action Asymétrique "Les activistes à ciel ouvert s'occupent de tâche sérieuses. Ils poussent à l'acceptation et à la normalisation de plus de militants et de plus de tactiques radicales, et à un soutien verbal au sabotage quand il a lieu. Des groupes de défense plus modérés utilisent l'apparition de ces sabotages pour critiquer ceux au pouvoir de ne pas avoir agi sur les problèmes critiques comme le changement climatique. Ils ne sont pas du coté de ceux au pouvoir contre les saboteurs, mais ils soutiennent que la situation est assez sérieuse pour légitimer de telles actions."

Quatre Phases de la GED Sabotage & Action Asymétrique "De plus en plus de groupes radicaux et de bases continuent a mettre en place une communauté de résistance, mais aussi mettent en place des organisations discrètes et des institutions parallèles pour créer des connections communautaires et trouver des relations hors de la bulle activiste. Ces institutions se focalisent sur la préparation aux catastrophes et le fait d'aider les gens à faire face à l'effondrement imminent.

Simultanément, les groupes à ciel ouvert informent les gens à propos de la désobeissance, de la confrontation de masse et d'autres formes d'actions directes.

Quatre Phases de la GED Sabotage & Action Asymétrique "Les organisations à ciel ouvert établissent des coalitions, des confédérations, et des réseaux régionaux, sachant qu'il y aura de plus grands obstacles plus tard. Ces confédérations maximisent le potentiel de l'organisation à ciel ouvert par le partage des matériaux, du savoir, des compétences, des manières d'apprendre, et ainsi de suite. Ils s'organisent aussi eux mêmes stratégiquement, s'engagent dans des campagnes persistantes et bien organisées plutôt que de s'organiser de manière réactive ou avec pour philosophie "oeil pour oeil..."

Quatre Phases de la GED Perturbation des systèmes "Les résistants se détachent des objectifs individuels pour s'adresser aux système industriel, politique et économique dans leurs ensembles. La perturbation des systèmes industriels nécessite un réseau souterrain organisé dans un style hiérarchique ou paramilitaire. Ces plus gros réseaux émergent des phases précédentes avec la posibilité de mettre en place de multiples actions simultanées."

Quatre Phases de la GED Perturbation des systèmes "La perturbation des systèmes identifie les points clés et les failles des systèmes adverses (électrique, transport, finance, et ainsi de suite) et fait s'effondrer ces systèmes ou réduit leur fonctionalité. Cela ne se fait pas en une fois. Les systèmes industriels sont énormes et peuvent être fragile, mais sont ramifiés plutôt que compacts. Des repérages sont effectués. Les membres de la résistance en sont conscients. La perturbation efficace du système nécessite un programme pour des actions continues et coordonées à travers le temps."

Quatre Phases de la GED Perturbation des systèmes "La partie à ciel ouvert ne progresse pas tant qu'ils restent dans ce système routinier. D'un autre côté, pendant que les systèmes économiques et d'industries mondiales sont pertubés de façon croissante (à cause de la chute du système économique capitaliste, désastres naturels, hausse du prix du pétrole, des sols, de l'eau, ou d'autres raisons), le soutien pour les communautés locales augmente. Les perturbations de livraison d'électricité et de produits manufacturés font augmenter l'intérêt pour la nourriture locale, l'énergie locale, et autres."

Quatre Phases de la GED Perturbation des systèmes "Ces activistes a ciel ouvert utilisent les systèmes perturbés comme des occasions de renforcer les communautés locales et les institutions parallèles. Les gens ordinaires sont encouragés à apporter leur soutien à des alternatives de production locale dans les sphères économiques, politiques et sociales. Lorsque la tourmente économique cause la baisse de l'emploi et l'hyperinflation, les gens sont employés localement pour le bénifice de leurs communautés et de leurs terres."

Quatre Phases de la GED Perturbation des systèmes "A chaque fois que ceux au pouvoir essayent d'augmenter l'exploitation ou leur autorité, les résistants a ciel ouvert appellent les gens à retirer leur soutien à ceux au pouvoir, et de le rediriger vers des corps politiques locaux et démocratiques. Ces institutions parallèles peuvent faire un meilleur boulot que ceux au pouvoir. Les relations inter-démographiques établies dans les phases précédentes aident à garder ces structures politiques locales responsables, et à rallier le soutien de beaucoup de communautés."

Quatre Phases de la GED Perturbation des systèmes "Des efforts stratégiques sont faits pour augmenter les contraintes existantes sur les systèmes économiques et industriels causés par l'inflation du cours de pétrole, l'instabilité financière, et d'autres facteurs relatifs. Les résistants se voient comme en train de pousser un bâtiment délabré qui a déja commencé à pencher. En effet, dans ce scénario de nombreuses perturbations viennent de l'interieur de ce système, plutôt que des résistants."

Quatre Phases de la GED Démentelement Décisif de l'Infrastructure "Les résistants vont au-delà de la perturbation des systèmes, il sagit de perturber de manière permanente autant qu'il est possible l'infrastructure industrielle. Dans la prévision la plus optimiste, cette phase n'est pas nécessaire, comme faire converger crises et perturbation de l'infrastructure devrait être combiné avec un énergique mouvement à ciel ouvert pour forcer ceux au pouvoir à accepter des changements sociaux, politiques et économiques; les baisses dans la consommation devraient s'additionner à une véritable et sincère tentative de transition vers une culture durable"

Exécution de la GED "La résistance a la civilisation est intrinséquement décentralisée. Cela s'applique doublement au groupes souterrains qui ont peu de contact avec les autres. Pour compenser le manque de structure de commande, une grande stratégie générale dans ce scénario devient largement connu et acceptée. En outre, des groupes vaguement alliés sont prêt à prendre des mesures chaque fois que la situation stratégique le demande. Ces groupes sont préparés à tirer avantage des crises comme l'éffondrement économique."

Exécution de la GED "Des cellules autonomes s'occupent de la preparation à l'engagement dans une action opportuniste en identifiant au préalable une sélection de cibles et de tactiques locales appropriées. Ensuite, une fois qu'une action simultanée plus large arrivait (entraînant, par exemple, une panne d'électricité), des cellules autonomes profitent de l'opportunité pour entreprendre leurs propres actions, en l'espace de quelque heures. De cette manière, les cellules indépendantes s'engagent dans quelque chose qui ressemble à des attaques simultanées, maximisant leur efficacité."

Exécution de la GED "Les Historiens croient maintenant que la réticence des Alliés à attaquer au début de la guerre peut avoir coûté plusieurs millions de vies civiles. En n'arretant pas l'Allemagne au début, ils ont inévitablement choisis un conflit long et sanglant. Le général Alfred Jodl, le Chef Allemand du Personnel des Opérations du Haut Commandement des forces armées, en dit autant durant sont procès pour crimes de guerre a Nuremberg."

Exécution de la GED "Les résistants tendent à réduire la consommation et l'activité industrielle, donc il n'etait pas important pour eux que certains établissement avaient des générateurs de secours ou que les Etats s'engagaient dans la conservation et le rationnement. Ils ont célébré la préservation du pétrole au niveau national et les usines tournant avec une alimentation réduite. Ils se rappelaient que dans toute son histoire, le courant dominant du mouvement environnemental n'a jamais arreté l'accroissement de la consomation des combustibles fossiles. Le fait de réduire cette consomation est sans précédent.

Exécution de la GED "Cibler des réseaux d'énergie etait une haute priorité pour les résistants. Beaucoups de réseaux électriques fonctionnaient déjà à pleine capacité, et ont été couteux à développer. Ils sont devenus plus importants tandis que les formes d'énergie facilement transportables comme les combustibles fossiles étaient partiellement remplacées par des formes moins facilement transportable d'énergie. Les résistants reconnaissent que les réseaux d'énergie dépendent souvent de quelques continents, qui étaient vulnérables à la perturbation.

Exécution de la GED "Les résistants ont reconnus que le sabotage sporadique sacrifierait l'élement de surprise et permettrait à leurs ennemis de developper des moyens pour faire face aux actions futures. Quelque réactions pourrait être désirables (un changement vers quelque chose de moins intense, une alimentation locale en energie) et d'autres indésirables (un déploiement d'équipes de réparation rapide, la loi martiale.) Les résistants ont compensé le fait d'exposer certaine de leurs tactiques en réalisant des séries d'opérations de surprise décisives dans une lutte plus vaste."

Exécution de la GED "Les résistants comprennent que la GED reposait sur des tactiques relativement simple de "technologie appropriée" (à ciel ouvert comme en souterrain). Cela reposait sur de petits groupes et etait relativement simple plutot que complexe. Il n'y avait pas beaucoup d'information tactique secrète a réveler. En fait, escalader les actions avec des tactiques franches était bénéfique pour leur mouvement de résistance."

Exécution de la GED "C'est clair que c'est un petit groupe de personnes intelligentes, dévouées, et audacieuses qui peut être extremement efficace, même s'ils sont au nombre de 1000, ou bien 10 000, ou même 100 000. Mais ils sont efficaces en grande partie grâce à la possibilité de mobiliser des forces plus importantes, soit des mouvement sociaux ou des étaux pour industries.

En outre, si ce groupe noyau peut être maintenu, c'est possible pour lui d'éventuellement s'agrandir et devenir victorieux."

Exécution de la GED "Les historiens futurs vont parler du fait que la GED était conçue pour tirer parti au maximum des petits nombres, plutôt que de supposer que les plus gros nombres se rassemblent pour des actions opportunes. Si plus de gens avaient été disponibles, la stratégie serait devenue encore plus efficace. La stratégie tentait de mobiliser des gens d'une grande variété de milieux sociaux sur un chemin praticable pour eux; Cela ne comptait pas seulement des approches militantes ou symboliques."

Exécution de la GED "Les tactiques exigées pour la GED étaient relativement simples et accessibles, et beaucoup d'entre elles étaient peu risquées. Elles étaient appropriées à l'ampleur et à la gravité de l'objectif et du problème. Avant ça, les tactiques exigées n'étaient pas mises en oeuvre à cause d'un manque de stratégie global et de développement organisationnel.

Cependant, ces stratégies et organisation n'étaient pas techniquement difficile a développer -les principaux obstacles étaient idéologiques."

Exécution de la GED "Dans l'évaluation des risques, les membres de la resistance considéraient à la fois les risques de l'action et de l'inaction. L'échec de mener a bien une stratégie efficace aurait entrainé la destruction de la planète, la perte de siècles d'efforts de justice sociale, et des milliards d'humain et d'inombrables non-humains seraient tués. Il y avait des risques importants lorsqu'il s'agissait d'actions décisives, des risques qui ont poussé la plupart des gens à s'en tenir à des formes d'action symboliques plus sures. Mais les risques d'inaction étaient beaucoup plus grands et permanents."

Exécution de la GED "La Guerre Ecologique Décisive etait en mesure d'accomplir ses objectifs dans un laps de temps approrié, et dans un ordre raisonnable. Sous la GED, l'action décisive passait a une echelle superieur aussi rapidement qu'il aurait pu se fonder sur l'infrastructure de support sous-jacente. Le point de non retour exact pour un changement climatique catastrophique n'etait pas clair, mais la GED et d'autre mesures étaient en mesure de diriger le tout. Beaucoup d'autre mesures proposées au début n'essayaient pas de le faire."

Exécution de la GED "Bien qu'une bonne quantité de connaissance du contexte etaient requises pour mener a bien cette stratégie, à la base elle était trés simple et cohérente. C'etait suffisament robuste pour faire face a des évenements imprévus, et ça pouvait être expliqué par de façon très simple, dépourvue de jargon. La stratégie était assez adaptable pour être employé dans beaucoup de contextes locaux différents."

Exécution de la GED "L'action et l'inaction ont toutes deux de sérieuses conséquences. Un effondrement sérieux- qui pourrait entrainer a grande echelle des souffrances humaines- etait effrayant pour beaucoup. Les résistants dans ce futur alternatif crurent tout d'abord que l'horrible résultat n'était pas inévitable, et qu'ils pouvaient faire de vrai changement dans le direction que le futur a pris."